Irak: funérailles symboliques pour des miliciens pro-Iran tués dans des raids américains

Des membres la Mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi)  portent les portraits de ceux qui ont été tués par des frappes aériennes américaines à la frontière syro-irakienne, lors d'un enterrement symbolique à Bagdad, en Irak, le 29 juin. © REUTERS - SABA KAREEM Des membres la Mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) portent les portraits de ceux qui ont été tués par des frappes aériennes américaines à la frontière syro-irakienne, lors d'un enterrement symbolique à Bagdad, en Irak, le 29 juin.

À Bagdad, des milliers de combattants des Forces de mobilisation populaire, une coalition de groupes armés, ont défilé aux côtés de leurs partisans. Ils rendaient hommage aux victimes des frappes américaines, qui ont ciblé ce dimanche 27 juin des positions de ces groupes armés à la frontière irako-syrienne.

Avec notre correspondante à BagdadLucile Wassermann

« Mort à l'Amérique », « Vengeance pour les martyrs ». Voilà le genre de slogans que criaient en coeur des milliers de partisans de la Mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), ce mardi à Bagdad. Réunis pour des funérailles symboliques après les frappes américaines, ces combattants défilaient aux côtés de hauts responsables irakiens, dont l'ancien Premier ministre Adul Abdel Mahdi, et de grandes figures de cette coalition militaire.

Ce genre de mobilisation inquiète en Irak car elle n'est pas sans rappeler celle organisée fin décembre 2019. À l'époque, ces mêmes partisans avaient pris d'assaut l'ambassade américaine. Les États-Unis avaient alors répliqué en assassinant le général iranien Qassem Soleimani à Bagdad et l'Irak avait bien failli basculer dans une nouvelle guerre.

Cette fois, la mobilisation s'est terminée dans le calme, à la mi-journée, mais dans le pays, l'inquiétude reste de mise. Car sur les réseaux sociaux et dans leurs rangs, les milices continuent d'appeler à la riposte armée contre les soldats américains en Irak.

Le Premier ministre irakien veut éviter l’escalade

Dans la nuit du dimanche 27 juin au lundi 28, les États-Unis ont mené des frappes contre ces milices en réponse aux attaques ayant visé ces derniers mois leurs intérêts en Irak, imputées aux factions fidèles à Téhéran. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les raids ont détruit un entrepôt et une position de milices irakiennes membres du Hachd al-Chaabi près de la ville de Boukamal, dans l'est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Lors d'une visite à Rome lundi, le secrétaire d'État américain Antony Blinken avait affirmé que les frappes nocturnes américaines contre des milices pro-Iran en Irak et en Syrie étaient un message « fort » pour prévenir toute nouvelle attaque contre les intérêts américains. Mais à Bagdad, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi a, lui, dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté » irakienne, tout en appelant « à éviter l'escalade ».

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