Série A : la seconde jeunesse d'Edin Dzeko à l'Inter

Edin Dzeko renaît cette saison sous le maillot de l'Inter Milan. © www.imagephotoagency.it / PANORAMIC Edin Dzeko renaît cette saison sous le maillot de l'Inter Milan.

95 matchs, 64 buts et un titre de champion d'Italie. Voici la trace laissée par Romelu Lukaku sous le maillot de l'Inter Milan entre 2019 et 2021. Autant dire que le départ du Belge vers Chelsea l'été dernier a suscité une vague d'incertitudes, voire d'inquiétudes autour de l'animation offensive de l'Inter, désormais amputée de son goleador. D'autant que l'identité de son remplaçant pouvait laisser sceptique. Edin Dzeko, 35 ans, sortait d'une saison délicate sous le maillot de la Roma avec seulement 7 buts inscrits en 27 matchs de Série A et une relation houleuse avec son entraîneur Paulo Fonseca. Pourtant, c'est lui que les dirigeants intéristes ont choisi pour épauler Lautaro Martinez sur le front de l'attaque. Et après 12 journées de championnat, rendons-nous à l'évidence : ils ont vu juste.

Un changement d'environnement salvateur

L'ancien attaquant de Manchester City et de Wolfsburg était visiblement pressé de se mettre les tifosi nerazzurri dans la poche. Le Bosnien a scoré à 6 reprises lors de ses 7 premiers matchs de Série A. Une performance qu'aucun avant-centre de l'Inter n'avait réussie depuis un certain Ronaldo en 1997/1998. Dzeko fait même mieux que son prédécesseur Romelu Lukaku puisqu'il a inscrit 7 buts lors de ses 11 premiers matchs officiels avec l'Inter contre 5 pour le Belge, auxquels il faut ajouter 2 passes décisives pour le Bosnien.

À la Roma, Edin Dzeko semblait avoir fait le tour de la question et son mal-être au sein du club était un secret de polichinelle en Italie. En conflit ouvert avec son entraîneur Paulo Fonseca, Dzeko avait besoin d'un nouveau départ. «D'autres motivations, une place centrale retrouvée dans l'équipe, de l'air frais et un groupe de travail complètement différent» comme le résume le journaliste Davide Stoppini dans La Gazzetta dello sport. Par ailleurs, Edin Dzeko a retrouvé plusieurs visages familiers dans l'effectif de l'Inter dont deux de ses grands amis : Aleksandar Kolarov et Ivan Perisic. Dans ces conditions, on comprend aisément le retour en grâce du Bosnien dont les prestations décevantes n'étaient vraisemblablement pas liées à son âge avancé. D'autant que sur le terrain, la mayonnaise a très rapidement pris sous le maillot nerazzurro.

Un profil qui s'inscrit parfaitement dans le collectif intériste

En arrivant sur le banc de l'Inter, Simone Inzaghi a choisi de repartir avec le même schéma tactique que celui utilisé par Antonio Conte et qui a emmené les nerazzurri sur le toit de l'Italie. Un système en 3-5-2 dans lequel Edin Dzeko a remplacé Romelu Lukaku aux côtés de Lautaro Martinez. «Lukaku est l'un des attaquants les plus forts du moment mais l'Inter a fait un choix intelligent (avec Dzeko). C'est un avant-centre qui peut aussi jouer en soutien d'une autre pointe, il bouge beaucoup», avait déclaré l'ancien buteur transalpin Luca Toni dans les colonnes de la Gazzetta dello sport au sujet de Dzeko. «Dans sa manière d'évoluer sur le terrain, on dirait presque un numéro 10 parfois. Il a une telle intelligence et une telle vision du jeu», renchérissait Johann Crochet, spécialiste du football italien dans L'After Foot sur RMC.

En dépit de son grand gabarit (1,93m), Edin Dzeko est un avant-centre très mobile qui aime prendre la profondeur et décrocher pour venir participer au jeu. Par ses qualités, il présentait donc un profil idoine pour remplacer le buteur belge et a très vite senti que le mariage avec l'Inter version Inzaghi fonctionnerait à merveille. «J'ai entendu de bonnes choses de la part des joueurs qu'il entraînait et vu la façon dont jouait la Lazio (ancien club entraîné par Simone Inzaghi), je savais que ce serait un système parfait pour moi», avait indiqué Dzeko sur DAZN en septembre dernier. «L'Inter se construit autour de Dzeko. Ils n'ont pas d'autres attaquants comme lui. Ça augmente leur chance de marquer», analysait le journaliste Davide Stoppini dans la Gazzetta dello sport, fin octobre.

Alors qu'Edin Dzeko voyait se profiler la fin de sa carrière après une dernière année décevante dans la ville éternelle, sa signature à l'Inter a eu l'effet d'un élixir de jouvence. Malgré une 16e saison dans le monde professionnel, il n'a jamais semblé aussi proche de son meilleur niveau. Tout comme pour Kylian Mbappé, on ne parle pas d'âge à Edin Dzeko.

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