On vous explique la crise au Kazakhstan, secoué par des violences sans précédent

Un mouvement de contestation du pouvoir, né d'une hausse des prix du gaz, se propage à travers le pays depuis le 2 janvier. Le régime a répondu par des mesures de répression, et appelé son allié et voisin russe à l'aide.

© Fournis par franceinfo

Des carcasses de voitures calcinées et des douilles de balles jonchent les rues d'Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, jeudi 6 janvier. Depuis cinq jours, le pays d'Asie centrale est secoué par un mouvement de contestation sans précédent dans son histoire. Les manifestations, émaillées de violences, ont été vivement réprimées par les autorités, qui ont fait état "de dizaines" de morts et plus d'un millier de blessés. Comment le Kazakhstan, longtemps considéré comme l'un des Etats les plus stables de la région, a-t-il pu se trouver au cœur d'une telle crise en moins d'une semaine ? Franceinfo fait le point.

Le mouvement est parti d'une hausse du prix du gaz

Le mouvement de contestation est né le premier week-end de 2022, dans une ville de l'ouest du Kazakhstan. En cause, une multiplication par deux du prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL), qui sert à alimenter la plupart des véhicules du pays. Selon Les Echos, cette envolée est "largement liée à la fin du système de subventionnement par les pouvoirs publics", à la fin de l'année 2021. Face à cette hausse brutale, plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Janaozen, dimanche 2 janvier.

Le pays est depuis longtemps en proie à des difficultés dans le secteur énergétique, rappelle le média international allemand Deutsche Welle*. "En 2021, le Kazakhstan n'a pas réussi à produire suffisamment d'électricté, ce qui a mené à des coupures d'urgence, explique DW. Le pays a dû s'appuyer sur la Russie pour compenser ces pénuries."

Les manifestants protestent désormais contre le régime au pouvoir

Le mouvement de contestation a rapidement dépassé la question du prix du gaz. "Dès le lendemain de la mobilisation, les manifestants avaient plusieurs revendications politiques telles que le changement de régime, l'élection des gouverneurs locaux qui sont actuellement nommés par le président, l'arrêt des arrestations et du harcèlement des militants civiques, et que le nouveau leader du pays ne soit pas issu du régime en place", liste Sacha Koulaeva, professeure à Sciences Po Paris, dans un entretien accordé à RFI.

"L'effet actuel est dû à des années de protestations étouffées, des revendications sociales extrêmement précises et fortes. Au Kazakhstan, la grande richesse d'une minorité côtoie la pauvreté de la majorité de la population."

Sacha Koulaeva, professeure à Sciences Po Paris

à RFI

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