Carlos Ghosn évoque sa descente aux enfers et charge Bruno Le Maire : “Il est au centre de tout ça”

Ce dimanche 13 février, Carlos Ghosn a accordé une interview exclusive au « Parisien », plus de deux ans après son évasion du Japon fin 2019. Désormais réfugié au Liban, l’homme d’affaires a profité de cet entretien pour régler ses comptes avec Bruno Le Maire. Selon lui, il serait "au centre de tout ça".

Le 29 décembre 2019, Carlos Ghosn fuyait le Japon, où il risquait d’être inculpé pour corruption, et s'évadait en avion, caché dans une malle, depuis l’aéroport de Kansaï à Osaka. Depuis, l’homme d’affaires franco-libano-brésilien est assigné à résidence à Beyrouth, au Liban. C’est là-bas qu’il a répondu aux questions du Parisien. Dans un entretien exclusif paru ce dimanche 13 février dans les colonnes du quotidien, l’ex-PDG de Renault-Nissan a fait part de ses rancœurs envers la justice japonaise, mais aussi envers Bruno Le Maire, qu’il juge responsable de sa descente aux enfers. Selon ses mots, le ministre de l'Économie "est au centre de tout". C’est effectivement Bercy qui avait lancé, en 2019, un contrôle fiscal contre Carlos Ghosn.

Au cours de son interview auprès du Parisien, le chef d’entreprise de 67 ans n’a pas pris de pincettes pour étriller l’homme politique. D’après lui, Bruno Le Maire qui "était venu visiter des tas d’usines avec moi, s’était battu pour mon renouvellement, est celui qui s’est manifesté de la manière la plus hostile, à ma grande surprise. C’est lui qui a ordonné le contrôle fiscal. C’est lui qui a donné une consigne claire à deux membres du conseil d’administration de Renault : ‘On abandonne Carlos Ghosn, on ne peut plus le soutenir’", a expliqué le réfugié, avant de prévenir : "Il est au centre de tout ça. Ce ne sont pas des accusations, ce sont des faits, avec des témoins. Les langues vont se délier avec le temps et nous saurons pourquoi la France m'a lâché."

© Fournis par Gala Emmanuel Macron, Carlos Ghosn et Bruno Le Maire visitant une usine de Renault en 2018. Stephane Lemouton / Bestimage

Carlos Ghosn revient sur son évasion rocambolesque

Au cours de son entretien, l’ancien patron de Renault-Nissan est également revenu sur son évasion. Il a notamment évoqué les circonstances improbables de sa fuite par avion, à l’intérieur d’une malle. "J’étais recroquevillé, dans l’obscurité. Mais à l’écoute, je savais à quelle phase du plan je me trouvais. Quand j’ai entendu le bruit du moteur de l’avion, je savais que j’étais déjà sur la piste. Quand la malle s’est inclinée, cela voulait dire que j’étais en train de monter dans le compartiment bagage", a indiqué Carlos Ghosn, avant de continuer : "Dans la soute, je n’ai pas eu peur de manquer d’oxygène, il faisait un peu froid, mais par rapport à ce que j’avais vécu, ce n’était pas ça qui allait m’inquiéter. J’étais tellement outré de la façon dont j’étais traité qu’il n’y avait pas de place pour la crainte", a-t-il confié.

Article écrit en collaboration avec 6Medias.