Ethiopie : les violences interethniques planent sur les législatives

Au moins 100 personnes ont été tuées dans des violences récentes, semant le doute sur l’intégrité du scrutin du 21 juin.

© EDUARDO SOTERAS/AFP or licensors

En Éthiopie, le nuage des affrontements entre Oromos et Amharas plane sur les prochaines élections. Au moins 100 personnes ont été tuées dans des violences récentes, semant le doute sur l’intégrité du scrutin du 21 juin.

Dans la ville d'Ataye, en région Amhara, plus de 1 500 bâtiments ont été incendiés, et ses rues autrefois vivantes sont désormais jonchées de morceaux de métal carbonisé. Dans cette ville agricole, l'objectif d'Abiy Ahmed d'unifier les 110 millions d'Éthiopiens, une myriade de groupes ethniques, semble bien lointain. La majorité des 70 000 habitants est amhara, mais la ville jouxte plusieurs villages oromo.

On y a recensé au moins six épisodes de violences ethniques entre populations Oromo et Amhara - les deux premiers groupes à l'échelle du pays - depuis l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018, explique le maire Agagenew Mekete. "Après l'arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed, il y a eu du laxisme au nom de l'ouverture à la démocratie." Selon le maire, ces violences reflètent les tensions autour de l'utilisation des terres fertiles de cette région où l'on cultive blé, sorgho et maïs.

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