Le pourquoi de la colère de Mgr Fridolin Ambongo en RDC

Mgr Fridolin Ambongo a été créé cardinal depuis le consistoire du 5 octobre 2019 à Rome © Imago/photothek/U. Grabowsky Mgr Fridolin Ambongo a été créé cardinal depuis le consistoire du 5 octobre 2019 à Rome

"Pour l’UDPS, l'Église catholique est l’ennemie à abattre", s'indigne Mgr Fridolin Ambongo. Des propos tenus quelques jours après la confirmation de la nomination par le président congolais, Félix Tshisekedi de Denis Kadima à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Ce choix n’a été approuvé ni par l’épiscopat congolais ni par l’Eglise du Christ au Congo (GEC).

Mais Léonie Kandolo qui faisait partie du Comité laïc de coordination jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, ne partage pas la position de l’Eglise.

"Pour arriver à ce choix, il y a eu un processus, où les confessions religieuses se sont réunies. Il est dit que quand les confessions religieuses n'arrivent pas à un consensus, elles passent aux élections. Six confessions religieuses ont voté pour Denis Kadima, deux ont voté contre. Donc, pour moi, je crois que le sujet était clos", explique-t-elle.

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Prêcher la parole de Dieu

Peter Kazadi, député provincial de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) pour la ville de Kinshasa appelle, lui, l’archevêque de la capitale congolaise à se consacrer à la mission qui lui a été dévolue : prêcher la bonne parole.

Selon lui, "le cardinal doit se limiter à prêcher la parole de Dieu, prêcher l'amour, prêcher la réconciliation. Il ne doit pas chercher à diviser les gens avec des mots aussi forts. Le cardinal devrait faire la différence entre les prises de position épiscopales lorsqu'il parle en tant que prince de l’Église et lorsqu'il parle comme citoyen qui peut avoir des penchants politiques."

Mission prophétique

Le clergé congolais est dans sa mission traditionnelle, estime de son côté, Bob Kabamba, professeur de sciences politiques à l'université de Liège, en Belgique.

L'universitaire congolais estime que "l'Église catholique est devenue le syndicat ou le réceptacle, voire même le porte-parole de la population congolaise par rapport aux injustices, à la situation sociale de tous les Congolais. Lorsqu'on a cette position, on est toujours en porte-à-faux avec celui qui est censé apporter des réponses, mais ne les apporte pas. Et on peut craindre que cet antagonisme va déboucher sur de la violence dans les prochaines semaines."

Mgr Fridolin Ambongo a également affirmé ne plus se sentir en sécurité à Kinshasa.

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Historiquement, l’Eglise catholique congolaise s’est toujours opposée au pouvoir en place en RDC, lorsqu’elle a estimé que les principes de démocratie et de bonne gouvernance sont foulés au pied. C’était le cas récemment, sous Joseph Kabila, entre 2001 et 2020.

Auteur: Eric Topona

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