Présidentielle en Iran: le guide suprême demande d'ignorer les appels au boycott

«Si les candidats peuvent prouver au peuple qu'ils sont efficaces, le peuple viendra aux urnes et la participation sera élevée, si Dieu le veut», a déclaré le guide suprême. © - KHAMENEI.IR/AFP «Si les candidats peuvent prouver au peuple qu'ils sont efficaces, le peuple viendra aux urnes et la participation sera élevée, si Dieu le veut», a déclaré le guide suprême.

À trois semaines de la présidentielle iranienne, les sept candidats retenus entament leur campagne. L'ayatollah Ali Khamenei, a quant à lui rejeté la requête du président Hassan Rohani lui demandant d'intervenir pour repêcher certains candidats modérés et réformateurs.

« Ne prêtez pas attention à ceux qui font campagne en disant qu'il est inutile d'aller voter », a déclaré l'ayatollah Khamenei lors d'une rencontre en visioconférence avec les députés, et ce alors que les critiques sur l'invalidation de candidats à la présidentielle du 18 juin se multiplient.

Quelque 600 personnes s'étaient portées candidates au scrutin. Le Conseil des gardiens de la Constitution, un organe non élu chargé de la validation des candidats et du contrôle de la présidentielle, en a autorisé sept à concourir. Tous des hommes, dont cinq ultraconservateurs. Parmi eux, l'actuel chef de la Justice, le conservateur Ebrahim Raissi, fait figure de favori.

L'ancien président réformateur Mohammad Khatami et Hassan Khomeini, le petit-fils du fondateur de la République islamique, ont protesté contre ce rejet massif. Hassan Khomeini a même demandé aux sept candidats restés en lice de se retirer de la course. Mahmoud Ahmadinejad, dont la candidature a été invalidée, a également dénoncé la décision du Conseil des gardiens de la Constitution. Plusieurs responsables réformateurs ont affirmé qu'ils refusaient d'aller voter, faute de choix, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Mais le guide suprême a balayé ces critiques en approuvant la décision du Conseil des Gardiens de la Constitution, opposant du même coup une fin de non-recevoir à la demande écrite du président Hassan Rohani qui lui demandait de permettre plus de « concurrence ».

Après l'abstention record (57%) aux législatives de 2020, ce dernier a dit craindre un nouveau pic abstentionniste risquant selon lui d'être préjudiciable à la « légitimité » de la République islamique. De fait, selon un sondage réalisé jeudi par l'institut Ispa, l'un des rares autorisés en Iran, seuls 36% des personnes interrogées auraient l'intention d'aller voter, contre 43% il y a une semaine avant l'annonce de la liste finale des candidats.

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