Série : Pourquoi il faut (re)voir « Mr. Robot » sur Netflix

© Peter Kramer/©USA Network/courtesy Everett Collection

« Ce que je vais vous raconter est top secret, une conspiration plus grande que nous tous. Il y a un groupe de gens très puissants au sommet qui dirigent secrètement le monde », déclame Elliot dans l’épisode pilote de Mr. Robot. C’est dans cette ambiance de paranoïa généralisée que la série de Sam Esmail débarquait le 24 juin 2015 sur USA Network, bousculant le paysage par son esthétisme glacée autant que par la modernité de ses thèmes. Quatre saisons désormais disponibles sur Netflix dès ce 23 août, offrant aux retardataires l’opportunité de découvrir le rôle qui a révélé Rami Malek, récompensé d’un Emmy Award pour sa prestation. Dans cette phase pré-Bohemian Rhapsody, l’acteur incarne l'employé d'une société de sécurité informatique, recruté par le groupe de hackers FSociety pour faire tomber la multinationale E-Corp. 

Mr. Robot - Season 3 MR. ROBOT, Christian Slater, Rami Malek in 'Shutdown', (Season 3, Episode 310, aired December 13, 2017), ph: Peter Kramer / ©USA Network / courtesy Everett Collection USA Network © Fournis par Vanity Fair Mr. Robot - Season 3 MR. ROBOT, Christian Slater, Rami Malek in 'Shutdown', (Season 3, Episode 310, aired December 13, 2017), ph: Peter Kramer / ©USA Network / courtesy Everett Collection USA Network

Capuche noire, débit frénétique et regard fuyant, l’acteur excelle dans la peau de cette créature asociale, méprisant ses comparses et ne pouvant communiquer avec les autres qu’en violant leur intimité. L’intérêt de Mr. Robot est justement d’appréhender le monde à travers le prisme de ses angoisses, conséquences d'un état mental instable, retranscrites à l’écran par des choix radicaux de mise en scène. À commencer par les cadrages en constant décalage, reflétant son rapport complexe à la réalité et son isolation dans un monde déshumanisé. La voix-off, ponctuée de références pop culture, met en relief le discours politique : Elliot exècre Steve Jobs, cet homme érigé en héros « alors qu’il s’est fait des millions sur le dos des enfants », ou la fausse intimité des réseaux sociaux pollués par « nos commentaires pourris » sur le monde. Derrière ce registre pseudo-révolutionnaire à la Fight Club – ressemblance tout à fait assumée –, la fiction se réapproprie un personnage mythique et incompris de la pop culture, le hacker, pour en faire une figure plus réaliste, reflétant l’anxiété de nos sociétés modernes face au capitalisme, aux inégalités et aux dérives technologiques. 

Série : Pourquoi il faut (re)voir « Mr. Robot » sur Netflix