Afghanistan : les talibans s’activent pour constituer un « gouvernement inclusif »

© GIUSEPPE CACACE / AFP

Le cofondateur et numéro deux des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, est arrivé samedi 21 août à Kaboul pour des pourparlers avec d'autres membres du mouvement et responsables politiques afin d'établir un nouveau gouvernement afghan. « ?Il sera à Kaboul pour rencontrer des responsables djihadistes et des responsables politiques pour l'établissement d'un gouvernement inclusif? », a déclaré à l'Agence France-Presse un haut responsable taliban.

Le mollah Baradar était rentré mardi, deux jours après le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, en provenance du Qatar où il dirigeait le bureau politique de leur mouvement. Il avait atterri à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. La ville a été l'épicentre du pouvoir des talibans entre 1996 et 2001. C'est dans la province du même nom qu'était né le mouvement au début des années 1990.

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Intime du mollah Omar

Abdul Ghani Baradar, né dans la province d'Uruzgan (Sud) et qui a grandi à Kandahar, est le cofondateur des talibans avec le mollah Omar, décédé en 2013, mais dont la mort avait été cachée deux années durant. Comme pour nombre d'Afghans, sa vie a été marquée par l'invasion soviétique en 1979 qui en a fait un moudjahid, et on pense qu'il a combattu aux côtés du mollah Omar.

En 2001, après l'intervention américaine et la chute du régime taliban, il aurait fait partie d'un petit groupe d'insurgés prêts à un accord dans lequel ils reconnaissaient l'administration de Kaboul. Mais cette initiative s'est révélée infructueuse. Il était le chef militaire des talibans quand il a été arrêté en 2010 à Karachi, au Pakistan. Il a été libéré en 2018, sous la pression en particulier de Washington. Écouté et respecté des différentes factions talibanes, il a ensuite été nommé chef de leur bureau politique, situé au Qatar. De là, il a conduit les négociations avec les Américains menant au retrait des forces étrangères d'Afghanistan, puis aux pourparlers de paix avec le gouvernement afghan, qui n'ont rien donné.

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