Gambie: après deux ans de travaux, la Commission vérité a terminé ses auditions

Salle d'audience de la Commission vérité-réconciliation-réparation en Gambie, mise en place en décembre 2017 pour enquêter sur les crimes commis entre juillet 1994 et janvier 2017 (août 2019). © RFI/Romain Chanson Salle d'audience de la Commission vérité-réconciliation-réparation en Gambie, mise en place en décembre 2017 pour enquêter sur les crimes commis entre juillet 1994 et janvier 2017 (août 2019).

En Gambie, la Commission vérité, réconciliation et réparations a clos ce jeudi 27 mai ses auditions, entamées en janvier 2019. Elle a enquêté sur les violations des droits humains commises sous le régime de Yahya Jammeh. Elle doit maintenant rendre ses conclusions et faire des propositions aux autorités actuelles. 

En plus de deux ans, la liste des exactions évoquées lors des audiences retransmises en direct à la télévision aura été longue : « chasses aux sorcières » contre les opposants emprisonnés et torturés, meurtres de journalistes et d’hommes d’affaire, massacre de migrants, viols, ou encore traitement forcé des personnes séropositives par un remède concocté par le chef de l’État…

Plus de 370 témoins ont été entendus, dont d’anciens membres du gouvernement, des chefs de la police et du renseignement, et des « junglers », ces miliciens dont l’unité est qualifiée « d’escadron de la mort ». À chaque fois, les cadres de l’ancien régime ont reporté la responsabilité sur un homme, Yahya Jammeh, en exil en Guinée équatoriale.

La Commission doit maintenant rédiger son rapport et proposer ses conclusions aux autorités début juillet. Pour les familles des victimes, les ONG et la société civile, la suite du processus est claire : il faut des poursuites pénales contre Yahya Jammeh et les principaux responsables des atrocités.

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Human Rights Watch propose la création d’une cour hybride Gambie-Cédéao sur le modèle de celle qui a jugé l’ancien président tchadien Hissène Habré. L’ONG espère que d’autres pays s’associeront aux poursuites et soutiendront une possible demande d’extradition de l’ex-président. 

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