Au Kenya, une équipe de réfugiés s'entraîne pour les Jeux olympiques de Tokyo

Des athlètes réfugiés dont Rose Nathike Lokonyen (d.) dans le camp d'entrainement de Ngong à côté de Nairobi en 2017. © TONY KARUMBA/AFP Des athlètes réfugiés dont Rose Nathike Lokonyen (d.) dans le camp d'entrainement de Ngong à côté de Nairobi en 2017.

L'ancienne marathonienne kényane Tegla Loroupe utilise sa notoriété pour défendre la cause des réfugiés à travers le sport. Elle a fondé à Ngong, à côté de Nairobi, un centre d’entraînement en athlétisme qui accueille des réfugiés. Originaires du Soudan du Sud, d’Éthiopie, de Somalie ou encore de RDC, ils font de l'athlétisme et certains ont même été sélectionnés pour participer aux JO de Tokyo.

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Rose Nathike Lokonyen est originaire du Soudan du Sud. Elle a fui la guerre civile en 2002 quand son village a été attaqué. Elle est arrivée au camp de Kakuma au Kenya à tout juste huit ans avec sa famille. C’est seulement en 2015, qu’elle commence sérieusement l’athlétisme en intégrant le centre d’entraînement de Tegla Loroupe. 

Aujourd’hui, Rose s’entraîne pour Tokyo, sa deuxième participation aux Jeux olympiques : « Être une coureuse, le sport, ça a changé ma vie et ça a fait de moi qui je suis aujourd’hui, ça m’a donné de l’espoir. Et ça en a aussi donné aux réfugiés du monde entier. Ça montre que les réfugiés sont des êtres humains, qu’ils peuvent faire ce que les autres font, qu’être réfugié finalement ce n’est qu’un statut. » 

S'épanouir avec le sport

Donner une chance aux réfugiés à travers le sport, c’est justement l’objectif que s’est donné l’ancienne marathonienne Tegla Loroupe en montant son centre d’entraînement : « J’ai décidé d’aider les réfugiés à travers le sport, car c’est mon domaine, parce que le sport ne connaît pas la politique. C’est quelque chose qui nous unit. Souvent les gens ont des a priori sur les réfugiés. Mais finalement, en tant qu’êtres humains, on a tous à apprendre de leurs histoires, de leur résilience. »

Le centre héberge pour le moment une vingtaine de réfugiés qui s’entraînent en athlétisme. Des sélections au sein des camps de Kakuma et de Dadaab doivent bientôt avoir lieu pour agrandir l’équipe. Car Tegla Loroupe pense déjà à Paris 2024.

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