Présidentielle en Iran: les électeurs ne croient plus aux promesses

Des Iraniens suivent le deuxième débat télévisé présidentiel depuis une boutique de Téhéran, le 8 juin 2021. © AFP - ATTA KENARE Des Iraniens suivent le deuxième débat télévisé présidentiel depuis une boutique de Téhéran, le 8 juin 2021.

Le 18 juin, les Iraniens sont appelés aux urnes. Sept candidats se disputent la victoire, cinq d'entre eux font partie de l’aile dure du régime. Pour certains Iraniens, déçus et lassés par les jeux politiques du régime, il n’est plus question d’aller voter.

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. On y voit les différents candidats à l'élection présidentielle iranienne sur une piste d’athlétisme. Le candidat ultra-conservateur et proche du guide suprême, Ebrahim Raïssi, se lance dans la course en avance puis tire l’un après l’autre sur ses adversaires, mais également sur le président sortant Rohani, et gagne la course. Le ton de cette élection est donné : pour une partie des Iraniens, les jeux sont faits, la victoire d’Ebrahim Raïssi est organisée d’avance. 

« On ne se fera plus avoir ! »

À Téhéran, Vali*, pourtant habituellement impliqué dans la politique iranienne, fait partie de ces nombreux Iraniens qui ont décidé de bouder les urnes cette année, déçus par la décision fin mai du Conseil des gardiens de la Constitution d’éliminer tous les candidats réformateurs proches du président sortant Hassan Rohani, ainsi que le conservateur dit pragmatique, Ali Larijani, ancien président de l’Assemblée (Majles) et conseiller auprès du guide suprême. Tous y voit un moyen de faciliter l’accès au pouvoir d’Ebrahim Raïssi, candidat malheureux à la présidentielle de 2017. Cet ultra-conservateur, chef du pouvoir judiciaire, est également pressenti, dit-on, pour remplacer le guide suprême, Ali Khamenei âgé de 82 ans.


Vidéo: Présidentielle du 18 juin en Iran: "Le processus électoral est très verrouillé" (France 24)

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