Quand les « démocrates » sud-africains torpillent l’élection d’un nouveau président du PAP

Scandale à la cinquième législature à MidrandAvec la tenue de la quatrième session ordinaire de la cinquième législature du Parlement panafricain (PAP), à Midrand en Afrique du Sud, des parlementaires et des leaders politiques sud-africains étaient soucieux de réserver un accueil des plus chaleureux à leurs homologues africains participant aux travaux de ce rendez-vous important dans le processus d’édification de cette instance législative continentaleLes législateurs africains

© Présenté par

Scandale à la cinquième législature à Midrand

Avec la tenue de la quatrième session ordinaire de la cinquième législature du Parlement panafricain (PAP), à Midrand en Afrique du Sud, des parlementaires et des leaders politiques sud-africains étaient soucieux de réserver un accueil des plus chaleureux à leurs homologues africains participant aux travaux de ce rendez-vous important dans le processus d’édification de cette instance législative continentale

Les législateurs africains voulaient faire de cette session, organisée sous le thème « Année des arts, de la culture et du patrimoine : leviers pour construire l’Afrique que nous voulons » une occasion pour le renouvellement des structures et mécanismes du PAP, surtout avec l’élection d’un président et d’un bureau nouveaux. Cependant, les politiques sud-africains n’étaient pas de cet avis.

Après leur « éclatante victoire » dans la bataille contre la Covid-19, qui a paralysé les travaux du PAP pendant un an et demi, causant une série de dysfonctionnements au sein de cette institution législative, des dirigeants en Afrique du Sud avaient rendez vous avec une autre bataille « et non des moindres » : saper la démocratie africaine et lui apporter le coup de grâce.

La recette était prête et n’avait nullement besoin d’ingrédients magiques : Violences, menaces et insultes et injures à l’endroit des invités de jeudi dernier. Cette scène surréaliste a été couronnée, lundi, par le vol de l’urne contenant les votes sous la menace d’armes à feu, pour la seule et unique raison que leur candidat favori ne semblait avoir aucune chance de glaner une victoire face à la candidate du Mali, Haidara Aichata Cisse.

C’était pour le moins comique de voir des parlementaires élus démocratiquement dans un pays supposé être leader en la matière en Afrique voler l’urne de ce scrutin.

Fort heureusement, les images et enregistrements vidéos ont immortalisé cette scène à la fois comique et dramatique, ainsi que la réaction « courageuse » de la parlementaire marocaine face à cette mascarade.

Lorsque la parlementaire Meryem Ouhssata a tenté de s’opposer au vol de l’urne durant le scrutin visant à élire le nouveau président du PAP, elle ne défendait pas uniquement la transparence de ce scrutin, mais toute la démocratie africaine qui était violée au sein même du parlement africain.

L’équation semble claire, au moment où les parlementaires sud-africains tentaient de semer la zizanie en provoquant des violences durant l’assemblée, dans une tentative de terroriser les parlementaires, Mme Ouhssata défendait mordicus la démocratie et la légitimité.

Il s’avère qu’ils ont réussi partiellement dans leur tentative notamment après l’annonce de la suspension des travaux du PAP, et le report ainsi de l’élection de son président. Mais, la parlementaire Ouhssata a réussi à leur donner une leçon dans le respect de la démocratie et du droit d’expression et de différence.

Dans une déclaration à la radio d’information marocaine « RIM Radio » de l’Agence marocaine de presse, la parlementaire a indiqué que les soutiens du candidat du Zimbabwe à la présidence du PAP ont délibérément créé l’anarchie dans la salle, en vue de torpiller l’opération d’élection surtout après les forts signaux sur une éventuelle victoire de la candidate du Mali qui bénéficie du soutien de plusieurs pays, dont le Maroc.

Mme Ouhssata a veillé à dévoiler les tentatives de soutiens du candidat du Zimbabwe et en particulier celles des députés sud-africains qui ont cherché des prétextes tels que le principe d’alternance sur la présidence du PAP, soulignant que ce principe n’est qu’un protocole qui n’a pas été approuvé.

Les soutiens du candidat du Zimbabwe ont aussi tenté de recourir à des manœuvres juridiques pour influer le corps électoral, avant de recourir à la violence et de perturber le travail des intervenants dont celui de la présidente de la commission supervisant les élections.

Elle a rappelé son action pour récupérer l’urne dont se sont emparés les grades du corps du député sud-africain Julius Malema (président du parti combattants pour la liberté économique), en vue de faire prévaloir les principes de démocratie, d’honnêteté et de liberté des élections.

Elle a, à cet égard, passé en revue certains manœuvres et comportements hostiles de certains responsables sud-africains depuis jeudi dernier dans leur tentative de torpiller l’opération électorale et d’empêcher la victoire d’un autre candidat autre que celui qu’ils soutiennent.

Les travaux de la 4ème session ordinaire de la cinquième législature du Parlement panafricain se tiennent du 21 mai au 04 juin, dans l’enceinte de l’institution à Midrand, en Afrique du Sud.

La délégation marocaine est composée outre Mme Meryem Ouhssata, du Parti Authenticité et Modernité (PAM), de M. Noureddine Karbal du Parti Justice et Développement (PJD) et M. M’Hamed Zakrani de l’Union Constitutionnelle (UC).

A l’ordre du jour de cette nouvelle session ordinaire figuraient l’examen et l’adoption de plusieurs rapports des Comités permanents. Le rapport d’activité du PAP ainsi que les discussions sur le budget et les modifications du

règlement intérieur de l’institution occuperont également une place centrale.

Le Parlement panafricain, qui est l’un des organes de l’UA, est composé de cinq membres par État-membre ayant ratifié le protocole qui l’établit, dont au moins une femme par État membre et doit refléter la diversité des opinions politiques représentées dans leur propre parlement national.

Le PAP, qui ne s’était pas réuni depuis octobre 2019 en raison de la pandémie de Covid-19, tient au moins deux sessions ordinaires pendant une période de douze mois.

Le premier Parlement panafricain a été inauguré le 18 mars 2004 à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Quand les « démocrates » sud-africains torpillent l’élection d’un nouveau président du PAP