Pour Bruno Le Maire, «les véritables pouvoirs de Poutine sont de l’ordre de la nuisance»

Le ministre de l’Economie est revenu, au micro de BFM ce mercredi 23 février, sur les sanctions européennes infligées à la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne, sur la prolongation du doublement du plafond des tickets restaurants, tout en ayant un mot pour les candidats qui pensent ne pas avoir les parrainages nécessaires pour se présenter.

© Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

« Les sanctions coordonnées entre les Etats du G7 et ciblées sur les personnalités politiques, l’économie et le système financier vont empêcher la Russie de se fixer sur le marché européen. » Bruno Le Maire a donné le ton, ce mercredi matin sur BFMTV. En effet, alors que Vladimir Poutine a refusé de faire marche arrière quant à son plan de récupérer les territoires séparatistes en Ukraine, le ministre a expliqué que les pays de l’Union européenne étaient soudés et se réservaient le droit « d’employer plus de sanctions si Poutine persistait dans sa politique de violation du droit international. » Comme il l’a dit : « Nous avons en réserve une batterie de sanctions infiniment plus pénalisante contres les intérêts russes. Cela aura un impact sur la Russie. »

Si les Français se disent angoissés à l’idée d’une hausse des prix du gaz ou sur certains produits à base de blé dur, le ministre s’est voulu rassurant : « La France est peu exposée au marché russe avec seulement 1 à 2% des exportations et importations. Le marché russe n’est pas stratégique pour la France. C’est un pays qui a la force d’un Etat faible ; les véritables pouvoirs de Poutine sont de l’ordre de la nuisance : nuisance militaire et énergétique. » Bien qu’il ait avoué que cette crise diplomatique puisse avoir « un impact sur l’énergie », Bruno Le Maire a insisté sur l’importance de « stocker du gaz », de « diversifier les approvisionnements avec des contrats sur le long terme et une plus grande indépendance énergétique », tendant la perche aux « Etats-Unis ou au Qatar ». Notre dépendance à la Russie en gaz ? 20%, « ça reste limité ». Quid d’une hausse du prix ? « Il peut y avoir une hausse, mais nous avons décidé d’un gel du prix du gaz pour protéger les Français. » Et l’impact sur les finances publiques ? « Il sera beaucoup moins fort que celui sur le pouvoir d’achat des ménages français. »

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Cela montre que nos institutions sont dépassées et doivent être refondées

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Outre la France, le ministre a trouvé « courageux » le choix du chancelier allemand Olaf Scholz de suspendre la construction du gazoduc Nord Stream reliant Allemagne et Russie. Pour lui, l’ « Allemagne réalise que l’indépendance énergétique n’a pas de prix et ce gazoduc ouvrira quand les Russes respecteront les engagements internationaux…nous en sommes très loin… », ajoutant, résilient : « Derrière, c’est savoir si l’Europe est capable de défendre un principe de liberté. »

Les deux derniers sujets abordés par le journaliste Philippe Corbé ont porté sur les tickets restaurant et la polémique liée aux parrainages alors que Marine Le Pen a décidé de suspendre sa campagne . Le ministre a martelé que le gouvernement avait convenu de « prolonger jusqu’à fin juin le doublement du plafond des tickets restaurants (19 à 38 euros) » et qu’ils « pourront être utilisés samedi et dimanche. » Et sur le fait que trois candidats majeurs (Le Pen, Zemmour, Mélenchon) n’arrivent pas à obtenir leurs 500 parrainages ? « Ces trois candidats auront leurs parrainages, il ne peut en aller autrement. Des candidats dans lesquels des millions de français se retrouvent doivent pouvoir se présenter. Mais cela montre que nos institutions sont dépassées et doivent être refondées. »

Pour Bruno Le Maire, «les véritables pouvoirs de Poutine sont de l’ordre de la nuisance»