Histoire : L’UNEM, des guerres des fractions à la confiscation du siège à Rabat [3/3]

© Fournis par Yabiladi

Comme chaque période de l’année, entre la fin du mois de décembre et le début de janvier, des ex-membres soufflent - en cachette - les bougies commémorant l’anniversaire de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM). Un nom qui résonne toujours dans les esprits de ceux qui ont été encadrés par cette organisation ou ont activement contribué à sa création et à son développement. Dernier épisode.

La paralysie ayant frappé l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), au lendemain de l’échec du 17ème congrès tenu à l’Ecole Mohammedia des ingénieurs à Rabat du 22 août au 6 septembre 1981, a été accentuée par d’autres événements.

Dès mars 1991, de nouveaux courants feront leur entrée au sein des universités marocaines. Ainsi, le courant estudiantin proche d’Al Adl Wal Ihsane annoncera sa naissance en mars 1991. Celui des étudiants tajdidis islamistes naîtra en février 1993, courant qui deviendra par la suite l’Organisation du renouveau estudiantin.

Le paysage estudiantin sera ainsi composé des différentes factions de la gauche marocaine, dont l’USFP, les étudiants du PPS, les étudiants bassistes, en plus des étudiants amazighs, les Sahraouis et les deux fractions des étudiants islamistes.

Parallèlement à cette naissance, des violences éclateront entre les différents courants. A Fès, les premiers clashs entre islamistes et gauchistes auront lieu en 1990 avant de devenir un phénomène national, prenant part dans d’autres universités comme Oujda, Marrakech, Meknès et Agadir. En 1991, la mort de l’étudiant gauchiste Mâati Boumli à Oujda marquera officiellement le début des guéguerres entre islamistes et gauchistes. Les responsables de sa mort, des étudiants du courant islamiste issu du Mouvement d’Al Adl Wal Ihsane, seront interpellés puis condamnés à 20 ans de prison ferme.

Deux ans plus tard, la nouvelle victime du courant des islamistes n’est autre que l'étudiant gauchiste Benaïssa Aït Ljid, agressé le 1er mars 1993 et qui décédera plus tard après un coma de plusieurs jours.

Des divisions aux guerres des clans au sein des universités  

A partir de 1994, les divisions toucheront les rangs des étudiants bassistes, selon le chercheur marocain Abdelali Essaghiri. Plusieurs groupes apparaîtront, accentuant les divisions au sein de cette fraction et se répercutant sur la réputation des étudiants bassistes et leurs travaux sur le terrain.

Histoire : L’UNEM, des guerres des fractions à la confiscation du siège à Rabat [3/3]