RDC : dans le Haut Katanga, les autorités veulent ramener les enfants à l'école

La Monusco distribue des cahiers aux enfants du village pour les encourager à fréquenter l’école, en 2015. (image d'illustration) © MONUSCO/Denise Maheho La Monusco distribue des cahiers aux enfants du village pour les encourager à fréquenter l’école, en 2015. (image d'illustration)

Dans la région du Katanga, la plupart des enfants travaillent soit dans les sites miniers, soit encore dans le commerce informel. Ce qui constitue un obstacle à leur scolarisation. Pour y faire face, le gouvernement provincial du Haut Katanga vient de mettre en place le Comité de lutte contre les pires formes de travail des enfants, en vue de ramener ces enfants à l’école.

Avec notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho

En RDC, 41 % des enfants de familles pauvres travaillent, indique le rapport de l’Unicef. Mais dans la région du Katanga, le service de la prévoyance sociale fait savoir que nombre de ces enfants pourrait être encore plus important aujourd’hui car certaines familles sont touchées par les conséquences de la pandémie de Covid-19. 

Aux alentours du marché central de Lubumbashi, packs d’eau, de boissons sucrées ou des bassines de légumes sur la tête, des dizaines de filles vont à la recherche des clients. Les garçons, eux, sont soit dans la manutention, soit dans la vente de sacs à provisions. Leur âge varie entre 7 et 14 ans. Cedric, 11 ans, vend des sacs.

«J’arrive ici à 8 heures et je repars à 18 heures. Je mène cette activité afin de réunir l’argent nécessaire pour m’inscrire à l’école, car cette année je n’ai pas pu étudier ; le reste de l’argent nous sert pour acheter de quoi manger. »

Dans la province du Haut Katanga, les pires formes de travail des enfants sont enregistrés dans les sites miniers, les carrières de graviers et le commerce informel reconnait la ministre provinciale de la prévoyance sociale. Angeline Kyungu entend protéger les enfants. Elle lance ce samedi la sensibilisation dans les carrières de graviers de Kipushi à 30 km de Lubumbashi.

« Là-bas, il y a même des parents qui sont accompagnés de leurs enfants. Ces parents font travailler leurs enfants et c’est comme s’ils s’en foutaient. Nous voulons que ces parents comprennent que la place de l’enfant c’est à l’école. L’enseignement de base est gratuit donc ils peuvent amener les enfants et ils n’auront rien à payer. »

La première tâche du Comité créé par le gouvernement provincial sera de recenser les mineurs engagés dans les pires formes de travail des enfants. À l'heure qu'il est, aucune donnée fiable n'est disponible en la matière.

RDC : dans le Haut Katanga, les autorités veulent ramener les enfants à l'école