Selon Trump, Poutine «devrait publier» toute information sur Hunter Biden

Toujours obsédé par sa défaite électorale, Donald Trump a appelé Vladimir Poutine à publier toute information qu'il possèderait sur Hunter, le fils de Joe Biden.

Vladimir Poutine, Donald Trump © EPN/Newscom/SIPA Vladimir Poutine, Donald Trump

Depuis Mar-a-Lago, les accusations continuent. Dans une interview accordée à l'émission conservatrice Just The News , Donald Trump a de nouveau accusé Hunter Biden, qui fait l'objet d'une enquête, au Delaware, sur ses «affaires fiscales», d'avoir touché de l'argent de la veuve de l'ancien maire de Moscou, appelant Vladimir Poutine à «publier» toute information sur le sujet : «Elle a donné aux Biden, les deux, 3,5 millions de dollars, c'est beaucoup d'argent. Elle lui a donné 3,5 millions de dollars, donc je pense que Poutine connaît la réponse à cette question. Je pense qu'il devrait la publier.»

Il répète ainsi une information tirée d'une enquête des sénateurs républicains, publiée en septembre 2020, qui s'intéressait notamment au rôle joué par Hunter Biden au sein du groupe gazier ukrainien Burisma Holdings, dont il a rejoint le conseil d'administration en 2014 avant de démissionner en avril 2019, et les potentielles conséquences des affaires à l'étranger de Hunter Biden sur les politiques de son père, alors vice-président. L'enquête avait révélé qu'Elena Baturina, femme d'affaires et veuve de Iouri Loujkov -avec lequel Donald Trump a lui-même tenté, sans succès, de faire affaire dans les années 1990-, aurait versé 3,5 millions de dollars à la société Rosemont Seneca Thornton en 2014 pour des prestations de conseil. L'avocat de Hunter Biden avait nié tout lien avec son client : selon lui, le fils du président américain est cofondateur d'une société de placement baptisée Rosemont Seneca Advisors, mais qui n'aurait aucun lien avec l'entreprise citée précédemment.

Enquête :Donald Trump dans un nid d'espions

L'appel du pied de l'ancien président américain à Vladimir Poutine survient un mois après que Donald Trump avait salué sa stratégie face à l'Ukraine : «J’ai vu hier un écran de télé et j’ai dit : "C’est du génie". Poutine déclare indépendante une grande partie de l’Ukraine. Oh, c’est merveilleux», avait-il déclaré lors du podcast enregistré avec les deux animateurs conservateurs Clay Travis et Buck Sexton, évoquant la reconnaissance par Moscou de l’indépendance des républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk. Le milliardaire avait poursuivi ses louanges de la stratégie de Vladimir Poutine, «un type qui est très malin» qu’il connaît «très, très bien» : «J’ai dit : "Que c’est brillant". Il va y aller et y maintenir la paix… Nous pourrions utiliser ça à notre frontière sud», avait-il imaginé, refusant toujours d'admettre la légalité de l'élection de Joe Biden. «Il y a eu une élection truquée et ce qui a mal tourné est un candidat qui ne devrait pas être là et un homme qui n’a aucune idée de ce qu’il fait», avait-il estimé, assurant que «cela ne serait jamais arrivé avec nous, si j’avais été aux commandes, inimaginable».

Un appel du pied à la Russie face à Hillary Clinton

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump se tourne vers la Russie pour obtenir des informations compromettantes sur ses adversaires politiques. En juillet 2016, il avait évoqué les courriels d'Hillary Clinton effacés après l'utilisation d'un serveur privé lorsqu'elle était secrétaire d'État : «Je vais vous dire un truc, la Russie : si vous écoutez, j'espère que vous pourrez trouver les 30 000 mails manquants. Je pense que vous serez probablement grandement remerciés par nos médias.» «Cela doit être la première fois qu'un candidat à l'élection présidentielle demande activement à une puissance étrangère d'espionner son adversaire politique. Ce n'est pas une exagération, ce sont les faits. C'est passé d'un sujet de curiosité à une question politique puis à un sujet de sécurité nationale», avait tonné le conseiller politique de la campagne Clinton, Jake Sullivan, actuel conseiller à la Sécurité nationale de l'administration Biden.

Cette obsession sur les affaires menées à l'étranger par Hunter Biden a été la cause de la deuxième mise en accusation de Donald Trump. En juillet 2019, il avait évoqué avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, élu quelques mois auparavant, l’ouverture d’une enquête en Ukraine dont il espérait tirer des éléments compromettants envers Hunter Biden. Le ton du milliardaire, qui avait mis en suspens des aides financières américaines à l'Ukraine, avait attiré l'attention d'Alexander Vindman, lieutenant-colonel de l’armée américaine, alors directeur des Affaires européennes au Conseil de sécurité nationale, qui avait lancé l’alerte en interne. «J’étais inquiet des répercussions sur le soutien américain du gouvernement américain à l’Ukraine», avait-il déclaré devant les représentants, ajoutant qu’il avait «pensé que ça n’était pas approprié» de la part de Donald Trump «d’exiger d’un gouvernement étranger qu’il enquête sur un citoyen américain».

Donald Trump avait, de son côté, juré que l’appel à son homologue ukrainien était «parfait» malgré les soupçons de mise en place d’une diplomatie parallèle avec son avocat personnel Rudy Giuliani, dont deux anciens collaborateurs ont été mis en examen pour infraction des lois de campagne. Il avait été mis en accusation par la Chambre des représentants pour «abus de pouvoir» et «obstruction au Congrès», puis acquitté par le Sénat à majorité républicaine.

Selon Trump, Poutine «devrait publier» toute information sur Hunter Biden