Finance islamique : les bonnes pratiques pour un essor en Afrique subsaharienne

La croissance des produits bancaires conformes à la charia est bloquée faute d’évolution de la législation, juge Wahida Mohamed, fondatrice du Hub Fintech islamique d’Afrique subsaharienne.

File d’attente devant une agence de la Faisal Islamic Bank, à Khartoum, en juin 2019. © Mohamed Nureldin Abdallah/Reuters File d’attente devant une agence de la Faisal Islamic Bank, à Khartoum, en juin 2019.

Alors que l’Afrique subsaharienne dépassera au cours des vingt prochaines années le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord pour devenir la région comptant la deuxième plus grande population musulmane du monde, derrière l’Asie-Pacifique, selon Pew Research, les obstacles réglementaires ont empêché l’émergence de services financiers spécifiquement islamiques pour répondre à cette demande croissante, déplore Wahida Mohamed, fondatrice du Hub Fintech islamique d’Afrique subsaharienne à Mombasa, au Kenya.

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« C’est presque comme si la fintech islamique et la population musulmane, exclue financièrement, n’existaient pas », ajoute celle

qui a créé 2019 son incubateur pour épauler les entreprises de fintech islamique, essentiellement actives dans l’agroalimentaire, le commerce électronique ou encore les prêts numériques conformes à la charia au Kenya et en Gambie.

Une « réglementation proactive » pour faire bouger les lignes

Exigences élevées en matière de capital, processus de demande longs et absence d’une législation d’open-banking qui obligerait les banques à partager les données de leurs clients avec des fournisseurs tiers sont quelques-uns des obstacles règlementaires à l’essor de la finance islamique relevés par l’entrepreneure.

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Sans compter la « peur du mot charia », qui peut dissuader certains investisseurs, confie-t-elle à  The Africa Report/Jeune Afrique.

Pour Wahida Mohamed, une « réglementation proactive » pourrait fournir des lignes directrices pour la fintech islamique et faciliter l’accès aux financements. Elle suggère notamment des dispositifs de type pépinière pour permettre aux jeunes pousses de la fintech islamique de tester leurs technologies sur le marché tout en assurant une protection suffisante des consommateurs, ou encore la création d’unités fintech islamiques et de conseils consultatifs nationaux sur la charia au sein des banques centrales.

Renforcer les Sukuk verts

Il faudrait aussi, avance-t-elle, « faire évoluer la règlementation pour renforcer l’émission de Sukuk verts » dont elle estime qu’ils ont « ont un rôle à jouer dans la mise en œuvre de projets verts en Afrique ».

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