Nomad #46 : Faute de financements, la réserve naturelle de Sidi Boughaba risque la fermeture

© Fournis par Yabiladi

L’un des plus beaux sites protégés du Maroc oeuvrant pour la préservation de la biodiversité fait face à des difficultés financières. La réserve naturelle de Sidi Boughaba, qui existe depuis 1992, figure parmi les dernières zones humides (marécage d’eau douce) de la côte nord-ouest du Maroc. La richesse indéniable du site a attiré environ 7 000 étudiants en 2016.

La réserve naturelle de Sidi Boughaba, classée parmi les sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE), est située à 11 kilomètres de Kénitra, près de la plage Mehdia. En français, la traduction de son appellation fait référence au «père de la forêt». Le site, immense, fait partie de la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale. Cette convention intergouvernementale date de 1971 et porte le nom de la ville où elle a été signée, en Iran.

«Le Maroc fait partie de la liste depuis 1980. Le pays y a inscrit quatre zones humides dont celle de Sidi Boughaba», indique à Yabiladi Abdeslam Bouchafra, directeur de la réserve naturelle. La zone humide, c’est-à-dire le lac, s'étend sur près de 113 hectares, contre 521 pour la forêt. Au total, l'ensemble de la réserve couvre 634 hectares.

Particularité de Sidi Boughaba ? «Son écosystème abrite une biodiversité très riche. Sur 430 espèces d'oiseaux au niveau national, on peut en observer 205 sur le site. La plupart se trouvent dans les zones humides», précise Abdeslam Bouchafra. «Ces zones attirent l’attention de la communauté internationale depuis très longtemps car elles ont un intérêt économique et écologique.»

La réserve naturelle est entourée de forêt. «C'est l’unique lac d’eau douce - qui vient de la nappe phréatique - et que l’on rencontre le long de la côte atlantique. Quasiment toutes les zones humides de la côte possèdent une eau salée», explique encore Abdeslam Bouchafra.

Le site de Sidi Boughaba est un refuge pour la sarcelle marbrée. / Ph. Said Mrigua

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