Catalogne : Puigdemont de retour à Bruxelles après sa brève arrestation en Italie

Alghero (Italie) samedi. Carles Puigdemont s'est rendu en Sardaigne pour assister à un festival. AFP/Miguel Medina © MIGUEL MEDINA Alghero (Italie) samedi. Carles Puigdemont s'est rendu en Sardaigne pour assister à un festival. AFP/Miguel Medina

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a atterri à Bruxelles (Belgique) ce lundi. Son retour intervient après avoir étébrièvement arrêté en Italie la semaine dernière alors qu’il est poursuivi en Espagne pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. « Il est à Bruxelles et retournera en Sardaigne dimanche » pour assister lundi prochain à une audience judiciaire sur son extradition réclamée par l’Espagne, a détaillé Gonzalo Boye, son avocat.

Installé en Belgique, où il a fui en 2017 pour échapper aux poursuites de la justice espagnole, l’ex-président régional catalan, âgé de 58 ans, a été arrêté jeudi à son arrivée à l’aéroport d’Alghero, sur l’île italienne, où il devait participer au festival catalan Adifolk. Il a été libéré vendredi soir après s’être engagé à revenir en Sardaigne pour l’audience d’extradition. Eurodéputé depuis 2019, Carles Puigdemont a indiqué samedi devoir rentrer à Bruxelles pour assister à une réunion de la commission du commerce extérieur du Parlement européen, dont il est membre.

Recours contre la levée de son immunité parlementaire

La justice espagnole accuse Puigdemont de « sédition » et de « détournement de fonds publics » pour son rôle dans la tentative de sécession de 2017, l’une des pires crises traversées par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975. Malgré l’interdiction de la justice, son gouvernement régional a organisé un référendum d’autodétermination suivi, quelques semaines plus tard, d’une déclaration d’indépendance mort-née. Madrid, la capitale espagnole, a réagi en destituant Carles Puigdemont, en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement indépendantiste qui n’ont pas fui à l’étranger.

En mars 2018, le leader catalan a déjà été arrêté une première fois à la demande de l’Espagne, en Allemagne cette fois. Mais il a été libéré quelques jours plus tard. En tant qu’eurodéputé, Puigdemont a bénéficié un temps d’une immunité parlementaire. Mais le Parlement européen l’a levée le 9 mars à une large majorité. Cette mesure a été confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’Union européenne.

La décision du Parlement européen fait cependant l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’Union européenne doit être rendu à une date ultérieure. Les avocats du Catalan considèrent donc que la décision du Parlement est « suspendue », tout comme l’application du mandat d’arrêt, et que leur client doit encore bénéficier de son immunité.

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