Colombie: le président Duque annonce une réforme de la police, critiquée pour sa répression

Arrestation d'un manifestant à Cali, le 4 juin 2021. © AFP - LUIS ROBAYO Arrestation d'un manifestant à Cali, le 4 juin 2021.

Après plus d’un mois de manifestations, la contestation sociale ne faiblit pas en Colombie. Dimanche 6 juin, le comité national de grève a suspendu les négociations avec le gouvernement. C’est dans cette ambiance tendue que la Commission interaméricaine des droits de l'homme a entamé une mission dans le pays ce lundi. La veille, le président Ivan Duque a annoncé une réforme de la police dont la répression violente du mouvement social a été vivement critiquée par la communauté internationale.

« La structure organisationnelle de la police nationale sera modernisée pour consolider la politique en matière de droits humains », a déclaré Ivan Duque dimanche 6 juin lors d’une cérémonie de promotion de policiers à Bogota. Selon le président colombien, les forces de l’ordre seront dotées d’une direction des droits de l’homme dirigée par un expert extérieur aux forces de l'ordre.

Meilleure formation des agents

La réforme de la police, qui dépendra toujours du ministère de la Défense, mettra aussi l’accent sur une meilleure formation des agents, entraînés jusqu’à présent pour combattre la guérilla. Est-ce que ces annonces sont de nature à apaiser la colère des manifestants qui dure depuis fin avril et dont plusieurs ont été tués par des tirs à balle réelle des policiers ? On peut en douter.

Cette annonce a coïncidé avec l'arrivée en Colombie de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH). Cet organe basé à Washington qui dépend de l'Organisation des États américains (OEA), a entamé une mission pour évaluer la situation des droits de l'homme dans le pays. L'objectif est d'« d'écouter les victimes des violations des droits humains et leurs familles » et de « recueillir témoignages, plaintes », a précisé la CIDH dans un communiqué.

Négociations suspendues

Le comité national de grève qui réclame la démilitarisation totale de la police et la dissolution de la brigade anti-émeutes ESMAD a suspendu les négociations avec le gouvernement. Il accuse les autorités de « retarder les pourparlers ».

Pour l’instant, la mobilisation sociale se poursuit d’autant que le comité national de grève ne représente pas tous les secteurs mobilisés. Le comité a d’ailleurs annoncé de nouvelles manifestations pour mercredi.

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