Campagne de contrôle économique: L’étau se resserre autour des marchés populaires

© Présenté par

Des unités sécuritaires accompagnées d’agents de contrôle ont passé au crible les camions et autres moyens de transport se rendant au marché Bouchoucha à Bizerte. Contrôle de la provenance des produits, de la qualité, de la salubrité et autres investigations qui ont permis une filtration sérieuse de ce qui allait être exposé à la vente. Plus de cent trente voitures (ce n’est pas peu !) transportant toutes sortes de marchandises ont subi ce contrôle.

La traçabilité des produits de consommation est importante. Elle conforte les statistiques éventuelles et préserve les droits des consommateurs. L’Organisation de défense du consommateur n’a ni les moyens ni l’autorité pour le faire. Le temps que cette organisation réagisse et voilà que les preuves disparaissent.

En effet, on ne peut contrôler prix, qualité et provenance en rendant visite aux marchés, alors que la marchandise est déjà exposée. Cela fait des… années que nous soutenons que des réseaux squattent les environs de ces lieux. Tout semble permis pour eux dans l’impunité la plus totale et cela empoisonne, par voie de conséquence, la vie des commerçants aux alentours. En fin de journée, ils laissent les rues et les ruelles, qui jouxtent les marchés, dans un état lamentable. Les municipalités sont bien obligées de tout nettoyer, alors que certaines ont tout juste ce qu’il faut pour faire l’indispensable.

Des réseaux bien organisés

Ces réseaux sont, en effet, bien organisés. Ils disposent de moyens financiers et logistiques conséquents. Ils possèdent également de fidèles informateurs bien introduits et des facultés rapides de se fondre dans les bâtiments tout proches, dont quelques-uns leur appartiennent ou sont loués pour servir de dépôts.

Peut-on imaginer que… ceux qui sont censés surveiller les lieux ne le savent pas ?

Difficile à croire et cela tout simplement suppose une faille quelque part. Suivez mon regard !

En bouclant les marchés, on peut sans problème étouffer les dépôts clandestins. Et, au lieu d’aller débusquer ces dépôts, le plus souvent implantés dans des zones populaires, on pourra gagner du temps pour reprendre en main une situation qui a été justement créée pour prendre à la gorge les consommateurs qui ne savent plus de quelle manière s’en tirer, face aux augmentations quotidiennes des denrées de base.

Espérons que cette excellente initiative découlera de la mise en place d’un plan d’action global ayant pour objectif la reprise en main des marchés et des zones avoisinantes.

Des dépassements et des faits accomplis

A La Marsa, du côté d’une grande surface, une boulangerie vend la baguette à deux cent cinquante millimes : «Nous n’avons plus de farine compensée». C’est la réponse à une question posée par une cliente qui se trouve acculée face à l’urgence de la situation. Elle a acheté en maugréant, mais cela n’a pas semblé inquiéter pour autant la boulangère.

En pleine polémique entre les boulangeries classées et les «libres», on ne sait plus comment s’en tirer. Il faudrait, de toutes les façons, trouver le moyen d’informer le consommateur. Une plaque indicatrice à l’entrée des boulangeries classées serait la bienvenue.

Des prix à arrondir

A l’entrée de l’Ariana, une station-service vend des bouteilles de gaz. L’agent de service, en vous rendant la monnaie, conserve sans broncher dans sa poche trois cents millimes. C’est comme pour la baguette dont les dix millimes restants sont empochés de plein droit. Pire, certains boulangers emploient des jeunes qui n’ont pas de salaires, mais qui sont payés au moyen de ces dix millimes non rendus.

Pourquoi ne pas arrondir les prix en favorisant ces écarts en optant pour des prix où il y a de la petite monnaie ? Les dix millimes récupérés se traduisent par des milliards en fin d’année. Personne n’en parle, alors que les chiffres ne trompent pas. De toutes les façons, ce sachet que l’on donne ne les vaut pas et cette « tradition » instaurée est au désavantage du consommateur lorsqu’il achète plusieurs baguettes (emballées dans un seul sac), étant donné que le gros pain fait partie de l’histoire.

L’emballage payé

Alors que dans les pays développés, pour limiter l’utilisation du plastique dont le prix augmente régulièrement, indépendamment de ses effets sur l’environnement, on a opté pour les ventes de produits sans emballages. Le produit est moins cher parce que le consommateur est appelé à amener son propre emballage. Et cela marche.

Si vous ne faites pas attention, on vous fera payer l’emballage du café au prix du produit lui-même. La même entourloupe est de rigueur dans la vente de la ricotta dans des boîtes en plastique. Les clients, souvent pressés, ne font pas attention à ce genre de manipulation et pratiques qui ont lieu dans ces magasins qui ouvrent dans les cités dites chics.

Tous les moyens sont bons pour détourner la loi et gagner des sous aux dépens de ceux qui n’ont pas d’autres choix que de se plier à ces diktats. Ne parlons ni de sécurité sociale ni d’assurance. Et on nous dit que les Caisses sociales sont déficitaires. Le relâchement qui règne depuis des années a, hélas, permis tous ces dépassements.

Campagne de contrôle économique: L’étau se resserre autour des marchés populaires