Vols européens vers la Russie annulés: Moscou avance des motifs «techniques»

Les vols Air France en direction de Moscou n'ont pas pu décoller depuis mercredi 26 mai. © REUTERS - Regis Duvignau Les vols Air France en direction de Moscou n'ont pas pu décoller depuis mercredi 26 mai.

Après le déroutement du vol Ryanair et les sanctions européennes contre la Biélorussie, plusieurs vols commerciaux entre les pays européens et la Russie ont été annulés. Le Kremlin assure que ces annulations sont liées uniquement à des raisons techniques.

Plus un seul vol de la compagnie Air France n’a pu décoller en direction de Moscou depuis mercredi. La compagnie autrichienne Austrian Airlines a dû également renoncer à une liaison aérienne entre Vienne et la capitale russe. À chaque fois, ce sont les autorités russes qui ont refusé un itinéraire permettant de contourner la Biélorussie.

Dans la presse russe, ce vendredi matin, plusieurs experts s’interrogent sur la signification de ces annulations de vols, et se demandent s’il ne s’agit pas pour Moscou d’une façon d’apporter son soutien au régime biélorusse, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Les déclarations ce vendredi de Maria Zakharova semblent confirmer cette version, la cheffe de la diplomatie russe fustigeant le « comportement irresponsable » de l’Union européenne qui mettrait en danger selon elle « la sécurité des passagers » en recommandant en début de semaine le contournement de l’espace aérien biélorusse.

Interrogé sur le sujet, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov s’est montré quant à lui beaucoup moins virulent, assurant que ces annulations à répétition étaient uniquement dues à des « questions techniques ». En attendant, les passagers d’Air France bloqués à Paris se sont vus proposer un vol ultérieur sur la compagnie Aeroflot, ou le remboursement de leur voyage.

L'UE a recommandé d'éviter l'espace aérien biélorusse pour punir le régime d'Alexandre Loukachenko, accusé d'avoir dérouté vers Minsk un vol de Ryanair pour arrêter le journaliste et dissident Roman Protassevitch qui se trouvait à bord. L'UE a aussi annoncé la fermeture de son espace aérien aux avions de Biélorussie, à l'unisson du Royaume-Uni et de l'Ukraine.

Air France a obtempéré en annonçant suspendre « jusqu'à nouvel ordre » le passage de ses avions au-dessus du pays. Sa compagnie-sœur néerlandaise KLM fait de même, à l'instar de nombreuses autres compagnies européennes, comme Lufthansa, Finnair ou SAS, ou asiatiques, comme Singapore Airlines et ANA (Japon).

Des incertitudes, mais un impact limité pour les compagnies

Ces annulations de vols font en tout cas peser une incertitude sur le trafic passager. Et pour les compagnies, ce sont des coûts supplémentaires. Ces compagnies doivent pour pouvoir continuer à opérer certains vols, construire des routes alternatives à celles qui passent par l’espace aérien de Biélorussie initialement prévues et autorisées.

Pour Didier Bréchemier, partenaire chez Roland Berger, chargé de transport, cette crise risque de déstructurer le réseau de certaines compagnies aériennes : « Toutes les compagnies qui doivent passer par la Biélorussie, soit elles doivent éviter la zone et donc consommer du temps de vol supplémentaire ainsi qu'un coût supplémentaire, soit ne pas faire cette destination. Cela déstructure le réseau des compagnies aériennes qui font le nord de l'Europe vers le Sud de l'Europe, les compagnies low-cost comme Ryanair ou Easyjet. »

Mais Didier Bréchemier préfère nuancer l'impact que cela aura sur les compagnies puisque le nombre de vols est réduit suite à la crise du Covid-19.

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