Argentine: les familles de victimes de la répression de 2001 demandent toujours justice

Maria Laura Verdu, avocate défendant les victimes de la répression de décembre 2001 en Argentine posant devant une plaque en hommage à une des victimes à Buenos Aires, le 13 décembre 2021. © JUAN MABROMATA/AFP Maria Laura Verdu, avocate défendant les victimes de la répression de décembre 2001 en Argentine posant devant une plaque en hommage à une des victimes à Buenos Aires, le 13 décembre 2021.

Il y a tout juste 20 ans, l'Argentine traversait une crise économique, sociale et politique traumatisante. La violente répression des manifestations des 19 et 20 décembre 2001 fait 38 morts. Rencontre avec une mère d'une de ces victimes, qui continue de se battre pour que justice soit faite.

Avec notre correspondant à Buenos Aires, Théo Conscience

Vingt ans après, Marta Alimrón se souvient toujours aussi bien de ce 20 décembre 2001, le jour où Carlos, son fils de 23 ans, a perdu la vie : « Il est allé manifester, comme toute la population ce jour-là, et il a reçu une balle en pleine poitrine »

Depuis ce jour, Marta Alimrón se bat avec d'autres proches de victimes pour que les responsables de la répression policière des 19 et 20 décembre soit condamnés : « Malheureusement, la justice, pour nous, est lente. 20 ans ont passé, et tout ce que nous avons, c'est notre douleur. »

 

Des condamnations tout juste confirmés par la justice

Le 13 décembre, la justice argentine a confirmé les condamnations à trois et quatre ans de prison prononcées en 2016 à l'encontre du secrétaire d'État à la sécurité et du chef de la police fédérale à l'époque des faits.

Des peines insuffisantes et qui arrivent bien tard regrette Marta Alimrón : « C'est vraiment moche... L'État tue ton fils, et il faut sans arrêt lui courir après pour que justice soit faite. Pour moi, ce n'est pas juste »

Le sentiment d'impunité de Marta Alimrón est d'autant plus fort que malgré ces condamnations, les responsables de la mort de son fils sont toujours en liberté. Ils peuvent en effet encore déposer un recours devant la Cour suprême d'Argentine.

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