Libye : Londres sanctionne des dirigeants de la milice des Kaniyat

Les Kaniyat, auparavant fidèles au gouvernement d'entente nationale de Fayez al-Sarraj, s'était alliés en 2019 aux forces du maréchal Haftar qui avait fait de Tarhouna sa base arrière pour attaquer Tripoli. Quand Haftar a perdu cette ville, les Kaniyat ont fui vers Benghazi. (image d'illustration) © REUTERS/Esam Omran Al-Fetori Les Kaniyat, auparavant fidèles au gouvernement d'entente nationale de Fayez al-Sarraj, s'était alliés en 2019 aux forces du maréchal Haftar qui avait fait de Tarhouna sa base arrière pour attaquer Tripoli. Quand Haftar a perdu cette ville, les Kaniyat ont fui vers Benghazi. (image d'illustration)

Le Royaume-Uni a annoncé ce jeudi 13 mai des sanctions contre deux membres de la milice libyenne des Kaniyat et ses dirigeants, auteurs de violations graves des droits humains et d'exactions dans la ville de Tarhouna, située à 80 km de Tripoli où plusieurs charniers ont été découverts. Londres a imposé « un gel des avoirs et une interdiction de voyager » à la milice et à ses deux dirigeants a déclaré le ministre britannique des affaires étrangères.

La ville de Tarhouna, traditionnellement fidèle à Mouammar Kadhafi, est tombée en 2015 entre les mains de la milice des Kaniyat dirigée par une fratrie de six membres. Deux d'entre eux ont depuis été tués.

Ils y ont multiplié les exactions : disparitions forcées, exécutions sommaires, tortures, vols et rançonnement. Ils ont fait main basse sur plusieurs usines et commerces par la terreur et les menaces.

350 disparitions ont été signalées aux autorités à Tarhouna. En juin 2020, suite à la reprise de la ville par les forces de Tripoli, 140 dépouilles ont été retrouvées dans des charniers : des corps d'hommes, de femmes, mais aussi d'enfants et de personnes âgées y gisaient. La majorité avaient les yeux bandés et les mains ligotées.

Cette milice Kaniyat, auparavant fidèle au gouvernement d'entente nationale de Fayez al-Sarraj, s'était alliée en 2019 aux forces du maréchal Haftar qui avait fait de Tarhouna sa base arrière pour attaquer Tripoli. Quand Haftar a perdu cette ville, les Kaniyat ont fui vers Benghazi.

Depuis toujours, les habitants de Tarhouna réclament sans succès l'arrestation de la fratrie. Selon des défenseurs des droits de l'homme, « leurs crimes étaient connus de tous, depuis 2017, mais ni le gouvernement, ni les parlementaires, ni les Nations unies n'ont agi pour arrêter le massacre ».

Cette milice a déjà été sanctionnée en novembre dernier par les Etats-Unis.

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