Un mois après le vote, le Pérou ne connaît toujours pas son futur président

Des partisans du candidat de gauche radicale à la présidentielle péruvienne, Pedro Castillo, dans un camp de tentes à Lima, le 6 juillet 2021 © ERNESTO BENAVIDES Des partisans du candidat de gauche radicale à la présidentielle péruvienne, Pedro Castillo, dans un camp de tentes à Lima, le 6 juillet 2021

Un mois après le second tour du 6 juin, le Pérou ne connaît toujours pas le nom de son futur président et les partisans des deux camps, gauche radicale contre droite populiste, campent à Lima pour "défendre" leurs votes.

Venus des hauts plateaux andins et de la jungle amazonienne, les partisans de Pedro Castillo, ex-instituteur syndicaliste de 51 ans, vêtus pour la plupart de costumes traditionnels, dorment depuis trois semaines dans 180 tentes installées sur la place de la Démocratie.

Des partisans de la candidate à la présidentielle péruvienne Keiko Fujimori campent près d'un faux rat géant sur lequel est écrit "Je suis un voleur de votes. Je suis le communisme, la faim et la mort", en référence au candidat de gauche radicale Pedro Castillo, à Lima le 6 juillet 2021 © ERNESTO BENAVIDES Des partisans de la candidate à la présidentielle péruvienne Keiko Fujimori campent près d'un faux rat géant sur lequel est écrit "Je suis un voleur de votes. Je suis le communisme, la faim et la mort", en référence au candidat de gauche radicale Pedro Castillo, à Lima le 6 juillet 2021

Ils se sont installés face au bâtiment du Jury électoral national (JNE) qui étudie les recours déposés par les candidats, essentiellement par l'ultralibérale Keiko Fujimori, avant de proclamer le vainqueur.

"Le jury doit proclamer (vainqueur) Pedro Castillo pour que tout cela se termine", a déclaré à l'AFP Martin Quispe, 35 ans, venu de la région de Cusco (sud) et qui campe avec sa femme et sa fille dans une petite tente doublée de plastique pour les protéger de la forte humidité de Lima.

Des partisans du candidat de gauche radicale à la présidentielle péruvienne, Pedro Castillo, mangent derrière une banderole dans un camp de tentes à Lima, le 6 juillet 2021 © ERNESTO BENAVIDES Des partisans du candidat de gauche radicale à la présidentielle péruvienne, Pedro Castillo, mangent derrière une banderole dans un camp de tentes à Lima, le 6 juillet 2021

"Nous resterons jusqu'à ce que Castillo soit élu, sinon on passera à des choses plus radicales", lance Maruja Inquilla, 45 ans, originaire de Coata (sud), près du lac Titicaca, à la frontière bolivienne.

Autour du camp, quelque 200 "ronderos", ces membres des patrouilles paysannes auxquelles a appartenu M. Castillo, assurent la sécurité à l'aide de leurs fouets traditionnels.

- "Plus de fermeté" -

A environ 700 mètres de là, les partisans de Keiko Fujimori ont installé pendant le week-end devant le palais de justice un campement "pour la démocratie et la liberté".

Malgré la forte tension, aucune violence n'a été signalée depuis la clôture du  scrutin, il y a tout juste un mois.

Vêtus principalement de maillots de l'équipe nationale de football péruvienne, ces pro-Fujimori viennent des quartiers pauvres de Lima et disent "défendre" leurs votes.

Des partisans de la candidate ultralibérable à la présidentielle péruvienne, Keiko Fujimori, campent devant le palais de justice de Lima, le 6 juillet 2021 © ERNESTO BENAVIDES Des partisans de la candidate ultralibérable à la présidentielle péruvienne, Keiko Fujimori, campent devant le palais de justice de Lima, le 6 juillet 2021

"On ne veut pas d'un pays communiste, on veut un pays libre pour que nos enfants ne souffrent pas du terrorisme comme dans les années 1980", revendique Dina Amaya, une coiffeuse de 55 ans, en référence à la guérilla maoïste du Sentier lumineux.

"Ces élections sont anticonstitutionnelles. On se rend compte que la démocratie se négocie", estime Erick Luque, un travailleur indépendant de 30 ans.

Keiko Fujimori, 46 ans, a rendu visite dimanche à ses soutiens et leur a demandé de ne pas abandonner.

"Je vous appelle à continuer cette lutte, c'est le moment, on ne peut pas revenir en arrière, il faut continuer avec encore plus de fermeté", a déclaré la fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000).

Poursuivie pour corruption et blanchiment, elle a déjà effectué 16 mois de détention préventive. 30 années de prison ont été requis contre elle dans une affaire de pots-de-vin présumés lors de ses campagnes présidentielles de 2011 et 2016, où elle a échoué systématiquement au second tour.

Selon le décompte officiel de 100% des bulletins de vote, M. Castillo est crédité de 50,12% des voix contre 49,87% à sa rivale, soit quelque 44.000 voix de différence.

Le nouveau président doit entrer en fonction le 28 juillet.

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