Charnier de Gossi: l’armée malienne livre sa version des faits

Un soldat des forces armées maliennes, à Gao, en 2018. © REUTERS/via Reuters TV Un soldat des forces armées maliennes, à Gao, en 2018.

Les révélations faites vendredi 22 avril par l’armée française sur la mise en scène d’un charnier à Gossi, dans le nord du pays, ont amené l'armée malienne à réagir dans la soirée.

Après ces révélations faites par l’armée française, l’armée malienne a réagi, dans un communiqué publié ce vendredi soir. « À la suite de la cérémonie officielle de rétrocession » du camp occupé à Gossi par la force Barkhane, mardi dernier, un premier détachement de l’armée malienne y a immédiatement été déployé, puis des renforts le mercredi. « Dès la nuit », indique le communiqué de l’armée malienne, cette force « a essuyé des tirs indirects sur l’emprise », dont les auteurs ne sont pas précisés.

Une patrouille est envoyée dans « l’environnement immédiat du camp », qui découvre le charnier.

L’armée indique qu’une enquête a aussitôt été ouverte, avec l’envoi d’une mission composée notamment du commandant militaire du secteur, de son conseiller juridique et de la prévôté dans la localité de Gossi « pour confirmer les faits ».

« Dans ce contexte », poursuit le communiqué, « l’état-major général des armées du Mali déplore le fait que les Fama fassent malicieusement l’objet de communications visant à fourvoyer leur montée en puissance et à altérer leur image. »

Le communiqué précise que « l’état de putréfaction avancée des corps indique que ce charnier existait bien avant la rétrocession » du camp, et que « par conséquent », les Fama ne peuvent en être tenus pour responsables.

Aucune référence n’est faite à la présence de supplétifs russes, présentés par l’armée française comme des mercenaires du Groupe Wagner qui auraient eux-mêmes enterrés ces corps. L’armée malienne conclut son communiqué en rappelant son attachement au respect des droits de l’homme et du droit humanitaire.

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