Sénégal: les organisateurs reportent une manifestation pour «l'indépendance de la justice»

Des membres du collectif de rappeurs de l'opposition sénégalaise « Y'en a marre ». © RFI / Laurent Correau Des membres du collectif de rappeurs de l'opposition sénégalaise « Y'en a marre ».

Au Sénégal, des manifestations prévues, vendredi 10 décembre, pour réclamer « l’indépendance de la justice » ont finalement été reportées « in extremis ». Les organisations de la société civile « Y’en a Marre » et « Frapp-France Dégage » avaient appelé à des marches dans différentes localités du pays pour dénoncer un système judiciaire « instrumentalisé », selon eux. À Dakar, la mobilisation a été interdite mais pour les organisateurs, ce n’est que partie remise.

Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

C’est un changement de stratégie. Après avoir appelé, dans un premier temps, à la « résistance » face à l’interdiction de manifester décidée par le préfet de Dakar, les mouvements « Frapp » et « Y’en a Marre » ont finalement renoncé et cela, suite à une médiation de la plateforme de la société civile, « Jammi Rewmi ».

Une « violation de nos droits de citoyens »

« Cette interdiction illégale constitue quand même, selon nous, une violation de nos droits de citoyens, c’est-à-dire notre droit de marcher. La plateforme Jammi Rewmi nous a contacté pour engager des discussions avec nous mais aussi avec l’autorité », souligne Aliou Sané, coordonnateur de « Y’en a Marre ».

Le préfet de Dakar a invoqué des « risques de troubles à l’ordre public » et un arrêté interdisant les manifestations sur certains axes de la capitale mais un nouveau rendez-vous est déjà fixé. Ce sera vendredi prochain.

Justice « aux ordres »

« Nous allons faire un rassemblement qui sera plus facile à encadrer. C’est un rassemblement où nous invitons tous les citoyens sénégalais à venir s’exprimer sur leurs craintes, sur leurs préoccupations, sur leur peurs et inquiétudes quant à la marche de cette justice. Une justice que nous considérons comme une justice à deux vitesses, une justice aux ordres, une justice ligotée que nous devons libérer », précise de son côté Guy Marius Sagna, du Frapp.

Les organisateurs dénoncent notamment le maintien en détention du rappeur Kilifeu, une figure de « Y’en a Marre », poursuivi, entre autres, pour trafic de passeports.

À lire aussi : Sénégal: l'annonce de la restauration du poste de Premier ministre fait débat

Sénégal: les organisateurs reportent une manifestation pour «l'indépendance de la justice»