Présidentielle française : « Les Marocains se sont libérés depuis des lustres »

© EMMANUEL DUNAND / AFP

48,7 millions de Français vont glisser dimanche, dès 8 heures du matin, leur bulletin de vote dans les urnes pour le premier tour de la présidentielle française. Les premiers résultats seront ensuite rendus disponibles à partir de 20 heures le soir même. Plusieurs sondages se font parallèlement à la course à l'Élysée. Les derniers pronostics en date nous apprennent qu'il y a de fortes hausses dans les intentions de vote en faveur de la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, et le candidat de l'Union populaire, Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen serait créditée d'environ 23 % des intentions de vote, contre 18,5 % au début du mois de mars. Du côté de Jean-Luc Mélenchon, les progressions sont là. Il serait placé à 17 % dans les sondages, contre 12,5 % d'intentions de vote début mars. Concernant le président sortant, Emmanuel Macron conserve sa première place dans les intentions de vote malgré un recul ces dernières semaines. Dans les sondages il se maintiendrait à environ 27 %. Enfin, Valérie Pécresse et Éric Zemmour, les deux candidats de droite, sont à égalité dans les sondages. Ces derniers ont tout juste 10 % des intentions de vote. Selon les analystes, 27,4 % des Français ne comptent pas aller voter dimanche. Un taux d'abstention très proche de celui annoncé lors du premier tour de la présidentielle de 2002. Beaucoup de chiffres et de scénarios qui donnent le tournis aux Marocains qui suivent avec curiosité la présidentielle.

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Une présidentielle fantasmée

« Franchement, j'aime bien suivre la présidentielle française. Je fais cela depuis que j'ai une conscience politique. C'est comme un match de football passionnant et avec plein de surprises. Ça sort des sentiers battus et de la monotonie des présidentielles ou des élections maghrébines », nous affirme Mouhcine, employé de banque à Casablanca. Lui et ses amis ont passé tout le dernier mois à spéculer sur le déroulement de l'élection française.

Interrogé par Le Point Afrique sur les raisons qui les poussent à s'intéresser autant à cet événement crucial de l'Hexagone, Abdeljalil énumère : « Le Maroc et la France ont une multitude de points en commun, dont des liens historiques et culturels, on était sous leur protectorat pendant plusieurs années, le Maroc est le premier partenaire commercial de la France en Afrique. Sans oublier l'immigration. Il y a environ 500 000 expatriés marocains sur le territoire français. Tous ces éléments-là créent un intérêt, un mimétisme par rapport à la France », nous explique Abdeljalil, enseignant de culture générale dans une école privée à Casablanca.

Pour, Touria, community manager dans une boîte de communication à Tanger, il n'y a pas plus passionnant à la télévision que les débats qui précèdent le premier tour. « Si les candidats font tous dans le sophisme, je ne peux cacher mon plaisir à écouter les joutes verbales de Mélenchon, ou les contre-arguments de Zemmour ou encore les caresses dans les bobards de Marine Le Pen. Si ça m'apprend quelque chose, c'est bien la repartie. Les prétendants à l'Élysée savent tous ergoter. C'est quelque chose qui manque à nos débats politiques », nous confie Touria.

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Mélenchon apprécié, les autres redoutés

Pour ce qui est des affinités, certains Marocains semblent indécis, voire mal informés, sur le parcours des candidats, leurs partis et leurs programmes électoraux alors que d'autres ont fait leur recherche et semblent savoir très bien qui mérite d'être président de la République.

Pour cet internaute, il est probable que les Français d'origine marocaine vont voter Mélenchon, juste parce qu'il est né au Maroc, plus précisément à Tanger.

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