Interdire les exportations des produits est-ce efficace ?

Les céréales sont au cœur des interdictions d’exportations de certains pays © McPhotoStr/Bildagentur-online/picture alliance Les céréales sont au cœur des interdictions d’exportations de certains pays

Le Burkina Faso a réitéré mercredi (07.07) l’interdiction de l’exportation de céréales. Cette interdiction concerne notamment le mil, le sorgho et le maïs. Elle était en vigueur depuis le début de l’année mais certains commerçants ne respectaient pas la mesure gouvernementale. "Nonobstant cette mesure, certains commerçants continuent d’organiser la sortie des céréales hors du territoire sans autorisation", précise une note du ministère du commerce.

Ce rappel du Burkina Faso aux commerçants survient quelques jours après une décision similaire au Bénin, voisin du Burkina Faso. Face à la cherté des prix des produits de première nécessité, Porto-Novo a décidé d’interdire la réexportation de céréales vers les pays voisins. Plusieurs camions chargés de céréales ont ainsi été arraisonnés alors qu’ils se rendaient dans des pays comme le Niger et le Nigeria, voisins du Bénin. Le gouvernement béninois se réjouit d’avoir saisi plus de 3.000 sacs, soit des centaines de tonnes de vivres, évalue-t-il. "Ce qui permet au Béninois d’avoir les produits disponibles et de dépenser moins par rapport à ce qui se passe dans les autres pays", indique le ministère du commerce.

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Selon Martial Traoré, expert analyste en marché au niveau du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), cette mesure d’interdictions d’exportations de produits "peut à court terme calmer" la flambée des prix. Il ajoute que les prix vont baisser car la fin de la période de soudure est proche et "les pays seront amenés à lever ces interdictions", prévoit l’expert du CILSS.

Le gouvernement béninois a justifié l’interdiction de l’exportation des céréales par "la forte demande des pays voisins qui sont de grands consommateurs de produits vivriers".

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En avril 2020, le Mali avait aussi interdit l’exportation et la réexportation de produits tels que le riz, le millet, le sorgho.

En interdisant l’exportation des produits de première nécessité, les Etats d’Afrique de l’ouest et du Sahel sont dans une forme de protectionnisme. "Ce sont des choses qui arrivent souvent", note Martial Traoré. Mais de l’autre côté, les commerçants ne peuvent pas céder leurs produits à des prix très compétitifs.

Martial Traoré recommande aux Etats le soutien à la production vivrière pour faciliter l’approvisionnement des populations en produits de première nécessité.

Cliquez sur l'image ci-dessus pour écouter l'interview de Martial Traoré du CILSS

Auteur: Reliou Koubakin

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