Haïti : condamnations après l'assassinat du président Jovenel Moïse

© Dieu Nalio Chery/AP/picture alliance

Suite au décès du président Jovenel Moïse, le Premier ministre sortant Claude Joseph appelle au calme et tente de rassurer les populations.

"Présentement moi-même en tant que Premier ministre sortant avec le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), je lance un appel à la population. D'abord nous condamnons cette attaque barbare de l'assassinat du président. J'appelle la population au calme, accompagné du CSPN et du ministre de l'intérieur Léon Charles, pour ne citer qu'eux. La situation est sous contrôle" assure t-il.

Il a précisé que l'épouse du président a été blessée dans l'attaque et est hospitalisée.

Pour le journaliste haïtien Jean-Paul Lundi, Haïti vivait depuis plus de deux mois une forme de pourrissement de la situation politique et sociale. Il affirme que la capitale Port-au-Prince est calme, malgré la peur et l'incertitude.

"Pour l'instant la circulation est fluide, la police a quadrillé les grands axes routiers et le périmètre de la résidence du président Moïse. Beaucoup de gens restent chez eux. Les marchés publics sont quasiment vides. Les Haïtiens craignent des représailles, surtout des partisans de l'opposition mais aussi des gangs armés" précise t-il.

De l'entrepreunariat à la politique

Né en Juin 1968 à Trou-du-Nord, dans le Nord-Est d'Haïti, Jovenel Moïse dirigeait une entreprise de production et d'exportation de bananes. Arrivé en tête de la présidentielle d'octobre 2015, scrutin annulé en raison des fraudes massives, il est déclaré élu un an plus tard lors d'une nouvelle élection.

Certes élu dès le premier tour mais avec moins de 10% du corps électoral. Ces derniers mois Jovenal Moïse était accusé par une partie de l'opposition et de la société civile d'occuper illégalement ses fonctions depuis le 7 février dernier. Lui soutenait que son mandat courait jusqu'au 7 février 2022.

Il était aussi accusé d'inaction face à la montée de l'insécurité notamment des enlèvements contre rançons et de l'extension des territoires contrôlés par des gangs.

Réactions à travers le monde

Sa mort a suscité indignation et condamnations à travers le monde. Le Conseil de sécurité de l'Onu se dit "profondément choqué".

Washington a condamné le terrible assassinat du président. Selon le président Joe Biden la situation en Haïti est inquiétante.

La France a aussi condamné cet assassinat et a appelé au calme. Pour sa part le président colombien Ivan Duque a condamné ce qu'il a appelé un "acte de lâcheté" et a exprimé sa solidarité avec Haïti.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'est dit "choqué" par l'assassinat du président haïtien et préoccupé par le risque d'une "spirale de violence" dans le pays.

Dans un tweet, le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est également dit choqué et attristé par la mort du président Jovenel Moïse.

"J'aimerais lancer un appel à l'unité politique pour sortir de ce terrible traumatisme que le pays est en train de vivre,'' a déclaré pour sa part Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol en visite en Lettonie. La République dominicaine a ordonné la "fermeture immédiate" de sa frontière avec Haïti. La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a présenté ses condoléances au peuple de Haïti.

D'après la Constitution, le président de la Cour de cassation doit assurer la gestion des affaires en cas de vacance du pouvoir, mais celui-ci est décédé le mois dernier des suites du coronavirus.

Auteur: Saleh Mwanamilongo

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