Guerre en Ukraine: les Etats-Unis annoncent de nouvelles sanctions «dévastatrices» contre la Russie

Joe Biden, lundi à Washington. © Leah Millis Joe Biden, lundi à Washington.

Nouveau tour de vis des Etats-Unis. Ce mercredi, un communiqué de la Maison Blanche annonce de nouvelles sanctions économiques et financières contre la Russie, qualifiées de «dévastatrices». L’entourage de Vladimir Poutine et les grandes banques russes sont notamment dans le viseur.

Après l’onde de choc provoquée par les exactions découvertes dans la région de Boutcha, Washington accélère le train des sanctions. Celles annoncées ce mercredi viennent s’ajouter à la longue liste déjà en vigueur contre le régime russe. Désormais, l’exécutif américain interdit «tous nouveaux investissements», et appliquera les contraintes les plus sévères qu’il puisse imposer aux grandes banques russes Sberbank et Alfa Bank, ainsi qu’à plusieurs grandes entreprises publiques, en réponse aux «atrocités» commises en Ukraine.

Ces institutions subiront donc un gel de tous leurs avoirs «en contact avec le système financier américain», et seront désormais interdites de toute transaction avec des acteurs américains, selon la Maison Blanche. Ce nouveau volet de sanctions a été adopté en coordination avec l’Union européenne et le G7. Un haut responsable américain a expliqué lors d’une conférence téléphonique que les Etats-Unis voulaient créer «un cercle vicieux» en accumulant les mesures depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.

Les Etats-Unis vont également sanctionner «de grandes entreprises publiques stratégiques», mais n’ont pas immédiatement dévoilé la liste des sociétés concernées. Le secteur de l’énergie, principale source de revenus de la Russie, serait en revanche globalement épargné.

L’entourage de Vladimir Poutine dans le viseur

Autre nouveauté, Washington annonce viser aussi les deux filles de Vladimir Poutine, Maria et Katerina, âgées de 37 et 38 ans. Très peu d’informations officielles sont disponibles sur les deux femmes, et leurs apparitions publiques sont rarissimes. Le même traitement sera appliqué à la femme et à la fille du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ainsi qu’aux membres du Conseil de sécurité russe, dont fait notamment partie l’ancien président et ex-Premier ministre Dmitri Medvedev.

Les effets des sanctions occidentales prononcées depuis le début de l’offensive russe, le 24 février, commencent à se faire ressentir en Russie. Pendant plusieurs semaines, la Russie a réussi à écarter le danger d’un défaut, puisque le Trésor américain permettait l’utilisation de devises étrangères détenues par Moscou à l’étranger pour régler des dettes extérieures. Désormais, le Trésor n’accepte plus de dollars détenus par Moscou dans des banques américaines, ce qui expose la Russie à un risque de défaut.

Peu après l’annonce de la Maison Blanche, le Royaume-Uni a fait savoir qu’il allait suivre le même chemin, interdisant tout investissement britannique en Russie, ciblant les secteurs bancaire et énergétique, ainsi que des oligarques. Si les conséquences des sanctions économiques et financières sur la population sont pour le moment difficile à mesurer, elles pourraient s’avérer être le talon d’Achille de Vladimir Poutine.

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