"Etat paria": Washington met en garde les talibans, Pékin les reçoit

Le président afghan Ashraf Ghani (D) lors d'une réunion du comité conjoint de coordination au palais présidentiel à Kaboul le 28 juillet 2021 © SAJJAD HUSSAIN Le président afghan Ashraf Ghani (D) lors d'une réunion du comité conjoint de coordination au palais présidentiel à Kaboul le 28 juillet 2021

L'Afghanistan risque de devenir un "Etat paria" si les talibans reprennent le pouvoir par la force, ont mis en garde mercredi les Etats-Unis, tandis que leur grand rival chinois accueillait les rebelles afghans contre une promesse de ne pas servir de base arrière pour des attentats.

Des chauffeurs de camions chargés de marchandises pakistanaises attendent près du point de passage de Chaman à la frontière afghane le 28 juillet 2021 © Asghar ACHAKZAI Des chauffeurs de camions chargés de marchandises pakistanaises attendent près du point de passage de Chaman à la frontière afghane le 28 juillet 2021

Alors que les insurgés islamistes profitent du retrait des troupes de l'Otan pour effectuer une progression éclair à travers l'Afghanistan, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a évoqué la situation lors d'une visite en Inde.

L'Afghanistan deviendrait un "Etat paria" si les talibans s'imposent par la force (Blinken) © Fournis par AFP L'Afghanistan deviendrait un "Etat paria" si les talibans s'imposent par la force (Blinken)

"Un Afghanistan qui ne respecterait pas les droits de son peuple, un Afghanistan qui commettrait des atrocités contre son propre peuple deviendrait un Etat paria", a averti Antony Blinken lors d'une conférence de presse à New Delhi.

L'Inde, fidèle soutien du gouvernement afghan, redoute qu'un retour au pouvoir des talibans n'offre un refuge à des groupes opposés à ses intérêts.

"Les talibans disent vouloir la reconnaissance internationale (...) Prendre le pouvoir par la force et violer les droits de leur peuple n'est pas la bonne manière d'y parvenir", a-t-il mis en garde.

Un avertissement lancé alors qu'une délégation des talibans s'est entretenue mercredi à Tianjin (nord de la Chine) avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

L'Afghanistan et la Chine ne partagent que 76 km de frontière, mais la deuxième puissance mondiale s'inquiète des liens éventuels des talibans avec des séparatistes ouïghours, une ethnie musulmane présente au Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

La délégation talibane, forte de neuf membres, était menée par le numéro deux des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, chef de son "bureau politique", a indiqué à l'AFP un porte-parole des insurgés.

Les talibans "ont assuré à la Chine que le sol afghan ne serait pas utilisé contre la sécurité de quelque pays que ce soit", a déclaré Mohammad Naeem, lui-même membre de la délégation, dans un message à l'AFP à Kaboul.

L'Afghanistan dans l'étau des talibans © Janis LATVELS L'Afghanistan dans l'étau des talibans

- "Ligne rouge" -

La diplomatie chinoise a confirmé la rencontre, précisant que M. Wang avait demandé à ses interlocuteurs de "tracer une ligne rouge entre eux et toutes les organisations terroristes comme le Mouvement islamiste du Turkestan oriental" (Mito).

"Etat paria": Washington met en garde les talibans, Pékin les reçoit