Afrique du Sud: la remise en liberté conditionnelle de Jacob Zuma suscite des réactions

L'ex-président Jacob Zuma arrive à son procès pour corruption à Pietermaritzburg, le 17 mai 2021. © ROGAN WARD POOL/AFP L'ex-président Jacob Zuma arrive à son procès pour corruption à Pietermaritzburg, le 17 mai 2021.

En Afrique du Sud, la remise en liberté conditionnelle de Jacob Zuma fait beaucoup réagir. À l’âge de 79 ans, l'ancien président a écopé de quinze mois de prison pour outrage à la justice, suite à son refus de se présenter devant une commission d’enquête sur la corruption. Il a commencé à purger sa peine en juillet, mais il était hospitalisé depuis début août. Désormais en liberté conditionnelle pour des raisons de santé non détaillées.

Avec notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès

Même si sa santé s’améliore par la suite, la décision est irrévocable, selon les services pénitentiaires, sauf si Jacob Zuma ne respecte pas les conditions de sa libération. Cette décision était acclamée par ses soutiens, mais décriée par ceux qui demandent des précisions sur sa mystérieuse maladie.

La fondation de l’ancien président a été l’une des premières à se réjouir de la décision, tout en indiquant que Jacob Zuma se trouve, pour l’instant, toujours à l’hôpital. Son ancienne épouse, Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre de Cyril Ramaphosa, a également exprimé son soulagement.

Mais du côté du principal parti d'opposition, l’Alliance démocratique, c’est l’indignation. Le chef du parti entend déposer une requête pour avoir accès aux critères exacts qui ont conduit à cette remise en liberté conditionnelle.

D’autre petits partis se joignent au concert de critiques qui visent le chef des services pénitentiaires Arthur Fraser. Cet ancien directeur des services de renseignement, sous la présidence Zuma, est accusé d’avoir fait preuve de partialité dans sa décision.

De plus, la situation rappelle au public le cas Schabir Shaik. Cet ancien conseillé de Jacob Zuma, condamné à quinze ans de prison pour corruption, avait également été remis en liberté conditionnelle au bout de deux ans, en 2009, là aussi pour raisons de santé.

Enfin, les causes de la maladie de Zuma intéressent la justice dans une autre affaire, l’affaire Thalès, repoussée en raison de l’hospitalisation de l’ex-chef de l’État. Le parquet réclame une contre-expertise médicale, jusqu’à présent refusée par la défense.

À voir donc ce que décidera le juge lors de la reprise de ce procès Thalès, jeudi 9 septembre.

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