« Les négociations avec le FMI ne sont qu’un moyen de parvenir à nos fins »

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Sur tous les fronts. C'est peu de le dire en ce qui concerne Anatole Collinet Makosso, le Premier ministre congolais. En cette rentrée, ce cacique du pouvoir de Denis Sassou-Nguesso nommé en mai dernier doit répondre à plusieurs urgences. Et pour cause, le Congo affronte une double crise, économique d'abord avec la baisse drastique de ses recettes, sanitaire ensuite du fait des problèmes liés au coronavirus. À cela il faut ajouter la dette « insoutenable » qui étrangle le pays. Officiellement, elle s'élevait à 6 016,5 milliards de francs CFA (soit plus de 10 milliards d'euros) au 31 décembre 2020, soit 98 % du PIB. Le Fonds monétaire international (FMI), qui n'a plus débloqué d'aide en faveur du Congo depuis 2019, a donc placé la nouvelle équipe gouvernementale sur le gril tout en poursuivant les discussions. Pour rappel, 44,9 millions de dollars avaient été débloqués, mais, depuis, plus rien. L'enjeu des négociations actuelles porte notamment sur la capacité du pays à parvenir à la restructuration des créances des négociants en matières premières qui pourrait alléger sa dette et débloquer des financements du FMI.

À Paris, début septembre pour l'université d'été du Medef, Anatole Collinet Makosso a affiché un optimisme déconcertant pour de nombreux observateurs. Ce magistrat de formation, ancien directeur de cabinet de la première dame, membre du cabinet présidentiel depuis 2008 puis plusieurs fois ministre, en veut pour preuve l'appui de la France dans plusieurs dossiers clés. Après plusieurs minutes d'attente, celui qui consacre ses quelques heures libres à l'écriture apparaît enfin, allure droite, costume sombre et cravate rouge, d'un pas pressé, s'avance droit vers son fauteuil. Face à nous, dans la suite d'un hôtel parisien, il est resté très concentré tout au long de cet entretien. Négociation avec le FMI, chantiers économiques, climat politique : il répond.

Le Point Afrique : En cette rentrée, votre gouvernement est attendu sur deux dossiers : la conclusion d'un nouvel accord avec le FMI pour une nouvelle tranche d'aide et la gestion de la dette. Où en êtes-vous sur chacun de ces chantiers ?

Anatole Collinet Makosso : Je tiens à préciser que la question des négociations avec le FMI n'est qu'un moyen de parvenir à nos fins. Quant à la dette, ce n'est qu'un préalable qu'il faut lever.

Mais ce n'est pas tant sur ces points que nous sommes attendus. Nous sommes d'abord attendus par notre peuple sur l'amélioration de ses conditions de vie et sur la mise en ?uvre du projet de société du président de la République. Pour ce faire, nous avons mis en place un plan national de développement qui va donner un cadre à notre relance économique. Nous y mettons également l'accent sur des chantiers clés comme la formation de la jeunesse, l'amélioration du secteur de la santé, le renforcement des capacités de notre peuple dans l'agriculture, ou encore l'industrialisation.

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Concrètement, où en sont vos négociations avec le Fonds monétaire international ? Elles ont été stoppées depuis deux ans?

Les négociations avec le FMI n'ont jamais été interrompues. Elles avaient été ralenties après que nous avons reçu la première tranche en 2019, ensuite le processus a été ralenti au regard d'un certain nombre de préalables qui restaient à éclaircir, dont la situation de l'endettement.

Comme vous le savez, le FMI vient en aide aux pays qui sont endettés, en revanche, le FMI ne peut pas accompagner un État qui est surendetté, là est la nuance. Donc, il faut obligatoirement montrer un plan de désendettement qui puisse permettre au FMI lorsque vous y avez recours de vous apporter l'aide dont vous avez besoin. Nous travaillons dur depuis deux ans à présenter un plan de réduction de la dette. Nous ne sommes pas loin d'y parvenir. Au moment où les discussions avaient été ralenties, notre dette était à plus 110 % du PIB. Nous avons travaillé efficacement et en janvier 2021 nous étions à environ 98 % du PIB, et en ce début septembre nous sommes à 91 % du PIB. L'objectif étant d'atteindre la norme fixée par notre zone, la Cemac, qui est de 70 %.

Cela dit, nous poursuivons les négociations avec nos créanciers publics et privés comme les négociants pétroliers, et les traders.

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Pourquoi vous a-t-il semblé nécessaire, dans ce moment important, de recevoir l'appui de la France alors que vos relations sont loin d'être au beau fixe ?

Nous sommes venus à Paris pour nous mettre en contact avec le monde des affaires, afin de mieux faire vendre la destination Congo auprès des entreprises membres du Medef pour prêcher la francophonie économique. Les pays francophones ne font pas assez d'économie, nous n'échangeons pas suffisamment. Le Congo a un certain nombre d'opportunités à offrir.

La France a une voix assez déterminante au conseil d'administration du Fonds monétaire international. Il était aussi question que Paris nous accompagne dans le plaidoyer que nous menons auprès des traders parce que par le passé, le FMI nous a laissés seuls sachant qu'avec les partenaires créanciers ce n'est pas toujours facile. Nous cherchons également auprès de Paris des pistes de solutions alternatives.

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Quelle est la part de responsabilité du Congo dans la situation actuelle ? Quel est votre diagnostic ?

Ces dix, voire quinze, dernières années, nous avons financé d'importants projets dans le domaine des infrastructures. Pour ce faire, nous avons mobilisé des ressources financières importantes. Et comme tous les autres pays du monde, nous avons eu recours à l'endettement. Au moment où nous nous sommes engagés, nous avions une situation d'endettement bien maîtrisée au regard des ressources dont nous disposons au Congo. En Afrique, c'est le gouvernement qui supporte seul ces investissements sur fonds propres, ce qui nous a fait recourir à l'endettement en ayant l'espoir que les prévisions que nous avions de nos ressources pourraient nous permettre de garantir la soutenabilité de cet endettement. Mais il y a eu une crise financière et économique mondiale en 2014, et les prix des matières premières ont chuté, la production a été ralentie et l'évaluation de la dette du Congo à cet instant et dans ce contexte devait nécessairement conduire à un endettement non maîtrisé et donc non soutenable. C'est tout ce qu'il s'est passé.

Cependant, nous ne sommes pas restés les bras croisés. Nous avons engagé des réformes économiques et financières pour atténuer la charge de cet endettement, au même titre que les autres pays de la Cemac. La crise sanitaire est survenue au moment où l'on pouvait espérer une reprise plus dynamique. Cela a encore ralenti nos efforts et nos négociations avec le FMI. Aujourd'hui, lorsque nous posons le diagnostic et ces problèmes sur la table, nous ne pouvons qu'entrevoir de nouvelles pistes plus novatrices et porteuses d'espoir. C'est pour cette raison que nous poursuivons les négociations avec le FMI.

Le FMI a également invité le Congo à faire preuve de transparence et limiter la corruption, où en êtes-vous ?

Pour le FMI, le principal problème, c'est le recours à un endettement trop lourd. Nous aurions pu négocier des prêts à des taux concessionnels. Nous aurions dû aussi ne pas recourir aux traders. Mais à aucun moment le FMI n'a soulevé de problème de transparence dans nos investissements ni n'a remis en question la nature de ses investissements.

Le problème, c'est l'endettement auprès des traders, comment en êtes-vous arrivé là ?

Il faut bien comprendre une chose, dans la période où le Congo a cherché à développer ses infrastructures, aucun pays, mis à part la Chine, n'a accepté de nous accompagner alors que nous avions besoin d'investissements massifs. Tous les autres prêteurs rechignaient à nous prêter, ou ne voulaient pas à nos conditions et encore moins aux mêmes conditions que la Chine. C'est pourquoi nous nous sommes tournés vers les pétroliers et les traders.

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Quels sont aujourd'hui vos arguments pour convaincre le FMI et vos partenaires bilatéraux ? Est-ce que ces arguments et les exigences du FMI tiennent compte des réalités du Congo ?

Nous sommes satisfaits, car nous avons réussi à sauver notre noyau social dans nos négociations avec le FMI. Nous craignions de nous retrouver dans la même situation que dans les années 1980 où il nous fallait prendre des mesures d'ajustements structurels. À cette époque, nous avons dû réduire et même rejeter les recrutements de la fonction publique, nous nous sommes retrouvés sans enseignants, sans personnels de santé avec toutes les conséquences que l'on connaît maintenant sur ces deux secteurs clés.

Cette fois-ci dans les négociations, nous avons dit que nous souhaitions avant tout préserver nos acquis sociaux. Le reste, nous savons faire, qu'il s'agisse de la gestion du quotidien, la rigueur dans la gestion des dépenses publiques, la mobilisation des ressources internes, la diversification de l'économie, ou encore investir dans l'agriculture pour réduire le volume d'importation de produits alimentaires et tout ce travail est extrêmement important. Le plan national de développement inspiré du programme de société du président étant convaincant, je pense que le FMI ne peut que nous soutenir.

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Quelles sont les réformes qui vous semblent nécessaires pour permettre à l'État d'être à même d'améliorer son niveau de recettes intérieures ?

Nous avons lancé une réforme majeure concernant la mobilisation de la ressource foncière, c'est un élément important. Il y a ensuite toute une série d'actions menées pour assurer le recouvrement des taxes, des impôts à tous les niveaux, notamment en instituant des guichets uniques. Le numérique est aussi privilégié afin d'empêcher les plus indélicats d'être en contact avec les espèces, ou avec le contribuable pour éviter les risques de concussion, de corruption ou de détournement des ressources.

Toutes ces réformes doivent nous permettre de mobiliser les ressources financières hors pétrole afin de parvenir à notre indépendance vis-à-vis de l'or noir et notre capacité à développer et relancer notre économie.

Qu'est-ce que l'État congolais met en place pour éviter que des détournements de fonds et des faits de corruption puissent être exercés sur ses propres recettes dans la plus grande transparence ?

Nous avons des lois et des textes.

Oui, mais sont-ils appliqués ?

Au moment où je vous parle, nous avons la loi contre la corruption qui est en train d'être totalement révisée à la suite des observations du Fonds monétaire international. Nous avons une autorité de lutte contre la corruption dont les membres ont été recrutés sur la base d'un appel à manifestation d'intérêt organisé par un cabinet international. On s'assure effectivement que les membres du personnel de cette structure importante sont d'une certaine probité. Qu'ils soient, en quelque sorte, les meilleurs d'entre nous.

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Comment ça se répercute sur le terrain ?

Il peut arriver, comme partout ailleurs, qu'il y ait des fonctionnaires indélicats. Pour faire face, il existe des sanctions. Je crois aussi qu'il faut à un moment donné replacer l'autorité de l'État au centre. C'est-à-dire amener tout le monde à travers l'éducation à la citoyenneté, l'éducation civique, afin de permettre à tous les compatriotes de se mettre au pas et de ne plus recourir à ces pratiques inciviques qui sont des comportements retardateurs pour la paix et la justice.

Nous insistons beaucoup sur la justice. Depuis mon entrée en fonction, le gouvernement a passé beaucoup de temps à gérer des crises, des erreurs judiciaires comme il y en a partout. Nous nous sommes substitués en organe d'arbitrage, de gestion des crises, pour faciliter l'activité des chefs d'entreprise qui sont parfois aux prises avec la justice.

Chaque fois qu'un chef d'entreprise fait l'objet de harcèlement ou bien de superposition de taxes ou encore de contrôles intempestifs, nous appelons l'administration concernée, non pas pour interférer, car il faut respecter l'indépendance du pouvoir judiciaire. Mais nous pouvons jouer un rôle en amenant les parties en conflit à comprendre qu'un nouvel arrangement vaut mieux qu'un procès et qu'elles ont la possibilité de résoudre la crise pour ne pas bloquer l'économie.

Et si ce sont les administrations qui sont en délicatesse avec des fonctionnaires parfois véreux, on établit les responsabilités. Si le contrôle dont est l'objet l'entreprise ou la taxe qui lui a été infligée ne sont pas réguliers, on annule aussitôt. Et les responsables impliqués dans de tels comportements sont traduits au conseil de discipline, donc on prend certaines précautions pour que les chefs d'entreprise ne se sentent pas en insécurité et que nous puissions plutôt garantir une vraie sécurité juridique et judiciaire au profit de l'entreprise.

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Les mesures prises du fait du Covid-19 ont eu d'importantes conséquences économiques et ont été révélatrices du poids du secteur informel. Qu'est-ce qui est fait pour adresser cette problématique majeure ?

Vous avez raison de parler de l'informel parce que je peux vous dire qu'à ce stade, les études que nous avons menées révèlent que l'informel relativement structuré regorge plus d'emplois que la fonction publique ou le secteur privé. Nous avons environ 73 000 acteurs qui vivent de l'informel avec des unités bien tenues, mais qui, malheureusement, ne participent pas à la mobilisation des ressources fiscales. Nous sommes mobilisés sur cette question afin de leur garantir un cadre légal afin de leur donner un certain nombre de facilités, et leur permettre de faire face à leurs charges fiscales et sociales.

Nous avons garanti des conditions de résilience de notre économie au travers d'un certain nombre de facilités accordées aux opérateurs économiques comme des allègements fiscaux, des échelonnements de paiement, des échéances de réduction, parfois même dans certains cas, de l'annulation de certaines dettes fiscales. Nous avons un plan de relance très ambitieux. L'investissement public est total dans la relance économique.

Et quelles sont les réformes qui vous semblent essentielles pour libérer toutes les énergies du pays afin qu'elles participent à la relance de l'économie ?

La priorité est l'amélioration du climat des affaires. Il y a un cadre institutionnel assez intéressant qui garantit l'attractivité. Les énergies sont libéralisées et avec toutes les plateformes et toutes les facilités que nous avons créées, les Congolais vont pouvoir s'engager pleinement dans l'entreprise, et pour mieux convaincre nous développons le contenu local pour permettre ? y compris pour les grands groupes ? de libérer un certain nombre de services au profit des opérateurs économiques privés. Tout cela nous permettra de réussir notre décollage économique sur nos propres forces.

Il existe un vrai problème de perception au Congo. En tant que Premier ministre, comment prenez-vous le pouls des Congolais ?

Je crois qu'il faut juste amener les Congolais à avoir davantage confiance en eux-mêmes, aux autres et à leurs institutions. Parce qu'il y a, comme dans beaucoup de pays et particulièrement chez nous, en Afrique, le pessimisme qui gagne les esprits face aux crises successives que nous traversons.

Nous avons une population jeune, c'est notre force et aussi un défi. Parce qu'il faut leur trouver des emplois, leurs qualifications ne correspondent pas toujours avec l'offre sur place. Beaucoup choisissent de partir tenter l'aventure en Occident en prenant des risques inconsidérés. Mais aujourd'hui, la crise est globale, le pessimisme est palpable sur tous les continents. Avec le PND, on veut apporter des solutions. On va mettre l'accent sur la formation, donner le goût du risque d'entreprendre aux jeunes. Il faut intégrer l'éducation civique, l'éducation morale, l'éducation à la citoyenneté dans notre stratégie, c'est par ces mécanismes, effectivement, que nous allons commencer à changer cette perception qu'ont les Congolais.

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Le goût du risque, les femmes congolaises l'ont certainement, mais où sont-elles ? sommes-nous tentés de vous demander en observant la scène politique congolaise?

Toutes les petites entreprises sont tenues par les femmes. Le secteur informel que nous sommes en train d'organiser est tenu principalement par les femmes. Ce sont elles qui font l'économie du Congo.

Justement, comment les sortir de l'informel et les valoriser ?

C'est toute la politique que nous mettons en place actuellement. Il y a un fonds de financement au profit des femmes qui va être lancé. L'idée est d'accompagner les femmes qui exercent dans l'informel, ou qui veulent se lancer dans divers secteurs.

Nous avons également le Fonds d'impulsion de garantie et d'apprentissage, SIGA, qui permet aussi de financer les activités des jeunes filles et des femmes.

Est-ce qu'il ne faut pas des quotas pour qu'elles soient plus présentes sur la scène politique, en particulier?

La loi sur la parité contenue dans l'article 17 de la Constitution est en train d'être revue. Nous avons profité de notre séjour en France pour échanger avec Mme la ministre en charge de l'Égalité des hommes et des femmes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, Élisabeth Moreno, et nous nous sommes accordés sur la perception et la compréhension que nous devons avoir sur ce processus paritaire.

Sachez que le Congo est l'un des rares pays à avoir garanti l'égalité des hommes et des femmes dès son indépendance. Les femmes ont eu le droit de vote sans attendre, comparativement à la France où elles n'ont accédé à ce droit qu'en 1948. Dès 1975, soit quinze ans après l'indépendance, une femme faisait son entrée dans un gouvernement congolais. Les femmes ont toujours été actives à l'Assemblée et dans des grandes instances du pays.

Nous ne pensons pas être en retard de ce côté s'agissant de la prise en compte de la situation de la femme dans les instances de prise de décision.

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Vous allez, dans quelques jours, participer à la COP26, là aussi, vous avez sollicité l'appui de la France ? Pourquoi ?

Nous avons avec la France et bien d'autres pays un combat unique qui est l'application de l'article 6 de l'accord de Paris, qui est un instrument important pour la protection de la planète. L'accord de Paris a été un élément déclencheur, il a fortement participé à une grande prise de conscience au niveau mondial sur la nécessité d'accompagner les efforts des pays et des communautés sur la protection de l'environnement. Aujourd'hui sont attendus les débats sur la mise en place des mécanismes de financement.

Pour cela, nous avons besoin de la voix de la France. L'idée est de parvenir à ne parler que d'une seule voix à la Conférence des parties qui doit avoir lieu en novembre prochain. Nous avons demandé aussi l'appui de la France pour le financement du Fonds bleu, qui est un outil important pour la Commission climat du bassin du Congo, qui devrait profiter à tous les pays du bassin du Congo parce que ce sont ces pays qui constituent aujourd'hui le poumon écologique du monde.

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Et pourquoi ne parvenez-vous pas à obtenir ces financements ? Qu'est-ce qui bloque ?

Le point positif de tous nos échanges est que nous ayons désormais tous le même langage, le message sera porté à la COP26. De là, nous verrons les débouchés. Mais nous n'abandonnons pas. Il faut toujours négocier.

Vous avez pris vos fonctions il y a quatre mois. Qu'avez-vous appris depuis ?

Je suis seulement interpellé par l'ampleur de la tâche, la mission est exaltante je me sens bien entouré des membres du gouvernement qui, pour la plupart, font part d'une forte expérience et d'un fort engagement, encadré par un homme d'exception, un homme de bonne intelligence, de bonne sagesse, formateur de l'élite congolaise et en médiateur des crises dans la sous-région, je pense que fort de tous ces atouts, les tâches paraissent un peu moins lourdes que je ne le craignais.

Vous avez été nommé après une élection tenue dans un climat délétère? Quelles sont vos observations et les réformes politiques à mener pour que le Congo se dirige vers une voie plus démocratique ?

Je ne peux vous laisser dire que le climat était délétère. Les élections ont eu lieu dans un climat serein, et se sont bien déroulées.

Il y a quand même eu le décès de Guy Brice Parfait Kolélas, le principal opposant dans les urnes au président Denis Sassou-Nguesso?

Sincèrement, je dis que le climat était très serein.

Si vous évoquez la question du climat, peut-être faites-vous allusion à la crise sanitaire mondiale. Mais lors de l'élection au Congo, les candidats ont battu campagne sur l'ensemble du territoire national et le vote s'est déroulé parfaitement. Je m'incline devant sa mémoire de compatriote auquel vous faites allusion, y compris sur son lit d'hôpital, convaincu du climat serein qui prévalait pendant cette période et qui avait appelé ses électeurs à aller voter.

Peut-être êtes-vous en train de confondre avec l'élection de 2016, où l'on a donné l'impression qu'il y avait des problèmes.

Concernant les réformes, nous sommes aussi investis sur ce volet, avec la nomination d'un haut-commissaire à l'amélioration de la gouvernance électorale. C'est un chantier que nous avons commencé en 2002. Mais savez-vous qu'à chaque échéance politique, nous organisons un dialogue avec l'ensemble des acteurs politiques pour que nous puissions nous accorder sur le processus, sur toutes les opérations électorales.

Il est question, au travers du haut-commissariat à la gouvernance électorale, de faire une évaluation de toutes les recommandations. Et puis de voir comment améliorer la gouvernance et intégrer les réformes pour passer au fichier biométrique par exemple. Il y a donc d'importantes réformes qui sont envisagées en matière de gouvernance électorale.

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