Bruxelles : le gouvernement tend enfin la main, les 450 sans-papiers suspendent leur grève de la faim

Des personnes en situation irrégulière occupaient l'église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage, dans le centre de Bruxelles, pour demander leur régularisation, le 31 mai dernier. © Laurie Dieffembacq Des personnes en situation irrégulière occupaient l'église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage, dans le centre de Bruxelles, pour demander leur régularisation, le 31 mai dernier.

Enfin une issue avant le drame ? La grève de la faim endurée depuis deux mois à Bruxelles par quelque 450 sans-papiers demandant un titre de séjour avec accès au marché du travail est «provisoirement suspendue», a annoncé mercredi leur comité de soutien, saluant «une main tendue» par le gouvernement. Il leur a été suggeré de faire valoir des «circonstances exceptionnelles» (ancrage long en Belgique, vulnérabilité, etc.) ou, pour un plus petit nombre, «la possibilité d’une protection internationale», explique le comité.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo a réagi immédiatement en estimant que «mettre fin à la grève de la faim est la seule bonne décision». «Un gouvernement ne peut jamais accepter le chantage, a ajouté le dirigeant libéral flamand dans un communiqué distinct. Espérons que des dommages physiques permanents ont pu et pourront être évités.» De Croo a également jugé que «si des séquelles physiques subsistent, tous ceux qui ont encouragé les grévistes de la faim ces dernières semaines, leur ont donné de faux espoirs ou leur ont fourni des informations non objectives, en porteront la responsabilité».

Cette grève de la faim entamée le 23 mai sur trois sites bruxellois occupés par les sans-papiers mettait sous pression le gouvernement belge, une fragile coalition de sept partis associant notamment libéraux, socialistes et écologistes. Le week-end dernier, les chefs du PS francophone et d’Ecolo-Groen avaient confié publiquement redouter «un drame imminent», interpellant le Premier ministre pour lui réclamer de décharger du dossier le secrétaire d’Etat à la migration, Sammy Mahdi.

Deux experts de l’ONU se sont également émus de la dégradation de l’état de santé de certains grévistes, notamment parmi les quelque 250 hébergés dans une église bruxelloise. L’un d’eux, Olivier De Schutter, a jugé urgent de délivrer des titres de séjour temporaire. Selon l’organisation Médecins du monde Belgique, une des ONG intervenant auprès des grévistes, 300 d’entre eux avaient même entamé le 16 juillet une «grève de la soif». Ces étrangers en situation irrégulière sont principalement des Marocains et des Algériens. Pour négocier les titres de séjour, le comité de soutien a mis en avant des années de séjour en Belgique dans des secteurs en manque de main-d’œuvre comme le bâtiment, la restauration ou le nettoyage.

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