Bédié et Gbagbo se mobilisent pour la réconciliation

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, trois hommes au centre de la vie politique en Côte d'Ivoire © Fournis par dw.com Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, trois hommes au centre de la vie politique en Côte d'Ivoire

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, se sont rencontrés samedi, à Daoukro, village natal de Henri Konan Bédié. Au menu de cette rencontre, la réconciliation et la cohésion nationale.

La réconciliation de ces deux anciens présidents de la république suffira-t-elle pour réconcilier les Ivoiriens ?

La création d’un ministère de la réconciliation nationale et le retour de Laurent Gbagbo ainsi que de plusieurs exilés - dont les plus caciques du camp Gbagbo - sont présentés comme le signe que le pouvoir du président Ouattara veut aller à la décrispation politique.

Du déjà vu

Laurent Gbagbo du FPI et Henri Konan Bédié du PDCI, deux adversaires d’hier et aujourd’hui des alliés, semblent vouloir prendre leur place dans ce processus.

Mais, pour l’analyste politique, Geoffroy Kouao, ces retrouvailles ressemblent à bien d’autres rencontres qui ont eu lieu avant celle entre Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

"Je ne crois pas en la rhétorique de la réconciliation nationale, allant dans le sens des retrouvailles des acteurs politiques. Seule l’organisation d’élection transparente, régulière, ouverte et concurrentielle en 2025 permettra d’aller à la réconciliation. C’est lorsque les Ivoiriens auront un président de la république sorti des urnes sans contestation, qu’on aura la réconciliation’’, affirme l'analyste.

Pour sa part, le journaliste André Silver Konan, estime que le rapprochement entre les deux grandes figures de la vie politique ivoirienne ne suffira pas, tant qu'il n'y aura pas de justice.

"Les deux personnalités se sont déjà réconciliées il y a deux ans à Bruxelles. Leur réconciliation depuis deux ans n’a pas eu d’incidence majeure sur la réconciliation même nationale. De ce fait, je pense que la réconciliation nationale viendra de la justice et de l’équité. Sinon la structuration de la réconciliation, la formalisation de la réconciliation et la théâtralisation de la réconciliation restera toujours fasciste’’, explique André Silver Konan.

Réconciliation inclusive

André Silver Konan affirme par ailleurs que la réconciliation doit être inclusive. Celle-ci doit prendre en compte la participation de tous les acteurs politiques ivoiriens dont Guillaume Soro, condamné à perpétuité par contumace et Charles Blé Goudé resté aux Pays-Bas et toujours privé de son passeport ivoirien.

"Une réconciliation entre les trois ténors de la politique ivoirienne n’est pas à exclure. Par contre, cette réconciliation si elle se fait sur le dos de certaines têtes fortes de la nouvelle génération, en occurrence Charles Blé Goudé ou Guillaume Soro, ce sera une réconciliation de façade’’, dit le journaliste.

Dans la perspective des élections locales de 2023 et de la présidentielle de 2025, une alliance - voire une coalition - entre le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, devrait se former dans les prochains jours.

En attendant, les Ivoiriens, eux, souhaitent tous la stabilité et la paix.

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