Comment les voyagistes préparent la reprise du tourisme en Asie

Les voyages vers Bali sont de nouveau possibles à la seule condition de fournir un test PCR de moins de 48 heures avant le départ. © Stanislas Fautré / Le Figaro Magazine Les voyages vers Bali sont de nouveau possibles à la seule condition de fournir un test PCR de moins de 48 heures avant le départ.

C’est comme une vieille bécane rangée au fond du garage en attendant les beaux jours. Quand on tourne la clé dans le contact, notre vieille amie toussote un peu. Elle doit passer à la révision avant de tourner à plein régime. Les beaux jours sont de retour pour les voyages vers l’Asie. La plupart des grandes destinations ont allégé les restrictions sanitaires qui plombaient la reprise du tourisme. Mais on ne reprend pas des séjours à l’arrêt pendant près de deux ans d’arrêt comme si de rien n’était.

Une nouvelle salve d’assouplissements a gagné l’Asie le 1er avril. La Malaisie a rouvert ses frontières, et la quarantaine n’est plus imposée aux voyageurs vaccinés arrivant en Corée du Sud et à Singapour. La Thaïlande, elle, abroge le test PCR à réaliser avant le départ. Le Cambodge, l’Inde, le Sri Lanka, l'Indonésie et le Vietnam sont de leur côté accessibles depuis février ou mars. La plupart de ces destinations demandent toutefois un test PCR négatif à effectuer avant le départ ou à l’arrivée. Seuls le Japon et la Chine maintiennent leurs frontières fermées.

Pour autant, la pandémie a laissé des traces. Sur place, les acteurs du tourisme n’ont pas tous attendu sagement pendant deux ans le retour des visiteurs étrangers. Dans certaines destinations, ils n’ont reçu aucune aide des autorités. « Certains hôtels manquent de main-d’œuvre car beaucoup de membres du personnel sont partis et certains guides se sont reconvertis, confie Yannick Barde, codirecteur de production chez Asia. On n’a pas d’inquiétude sur le fait que si les touristes reviennent, les guides reprendront du service. Le problème est que nous avons besoin des guides pour faire revenir les touristes…»

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Un travail de fourmi

Les voyagistes ont lancé un travail de fourmi pour vérifier chaque restaurant, hôtel, excursionniste, guide ou autres prestataires partenaires. « On contrôle en amont tous les maillons de la chaîne, beaucoup plus qu’avant la pandémie, affirme Bernard Bonnet, directeur de production chez Maisons du Voyage (groupe Figaro). Plusieurs personnes de mes équipes sont parties en repérage ou ont accompagné les premiers voyages pour vérifier que les prestations étaient toujours au niveau. »

Face à cette situation, il a fallu réviser la copie. « On a modifié presque tous nos voyages. Ce qui pose le plus de problèmes c’est l’aérien. Les plans de vols ont changé, les itinéraires comme les horaires. Il faut jongler entre les contraintes aériennes, les quelques contraintes sanitaires encore en vigueur et l’état de santé des services », explique Yannick Barde.

Mais la situation n’est pas si morose. Malgré un peu de casse ici où là, de nombreux acteurs du tourisme ont su tenir le coup. « En Thaïlande par exemple, les grandes structures du tourisme de masse ont sûrement été plus impactées que les boutiques hôtels avec lesquels nous travaillons, qui ont moins de charges et qui ont pu faire le dos rond», illustre le codirecteur de production d'Asia. « Le tourisme domestique a pris le relais dans plusieurs destinations, renchérit celui de Maisons du Voyage. Les habitants ont redécouvert leur pays, comme les Français pendant la pandémie. »

Malgré les quelques restrictions sanitaires restantes et l'impact négatif de la guerre en Ukraine, l'intérêt pour le continent asiatique est croissant. Signe que les touristes savent qu'une fois qu'elle est remise en état, rien ne vaut une balade à bord d'une vieille bécane.

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