Pérou: des milliers de manifestants contre la candidate de droite Keiko Fujimori

Un manifestant lors d'un rassemblement contre la candidate de droite Keiko Fujimori, le 22 mai. © REUTERS - ANGELA PONCE Un manifestant lors d'un rassemblement contre la candidate de droite Keiko Fujimori, le 22 mai.

À deux semaines du second tour de l'élection présidentielle au Pérou, des milliers de Péruviens sont descendus dans les rues ce samedi contre la candidate de la droite populiste Keiko Fujimori. Une mobilisation nationale convoquée par plusieurs organisations de la société civile.

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

La fille de l’ancien président Alberto Fujimori, qui affrontera le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo le 6 juin prochain, suscite un fort rejet de la part d’une partie de la population. À Lima, la mobilisation a rassemblé des milliers de personnes, malgré la pandémie et a été marquée par la présence de victimes et familles de victimes du régime d’Alberto Fujimori. « Non à Keiko » et « Fujimori jamais plus » sont quelques-uns des slogans qui ont résonné dans les rues du centre historique de Lima ce samedi.

Masque et visière sur le visage, Maria Elena Carbajal est venue manifester, malgré sa santé fragile. Elle est l’une des centaines de milliers de femmes stérilisées de force sous le régime d’Alberto Fujimori et qui réclament justice depuis plus de 20 ans.

« Une grave atteinte à notre droit à la justice »

« On est indignés d’avoir pour candidate à la présidentielle quelqu’un comme Keiko Fujimori qui affirme qu’il n’y pas eu de stérilisations forcées sous le régime de son père, mais une politique de planification familiale. Donc on est là pour témoigner de ce crime et dire 'non à Keiko' », témoigne-t-elle.

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Alberto Fujimori, qui est sur le point d’être jugé pour ces stérilisations, purge actuellement une peine de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l’humanité, mais sa fille Keiko Fujimori a déclaré qu’elle le gracierait si elle est élue.

« Mon frère est l’un des étudiants de l’université La Cantuta qui a été assassiné par le groupe paramilitaire La Colina sous le régime autoritaire d’Alberto Fujimori [en 1992 dans le cadre de la lutte contre les guérillas SL et Tupac Amaru, NDLR]. Si Keiko Fujimori libère son père comme elle l’a affirmé pendant la campagne, ce serait une grave atteinte à notre droit à la justice, en tant que famille de victimes », s’indigne Carmen Amaro, elle aussi venue manifester.

Les associations de victimes du fujimorisme ont ouvert la marche à laquelle se sont joints collectifs féministes, LGBT, artistes et autres citoyens qui ont défilé par milliers ce samedi pour exprimer leur rejet de la candidature de Keiko Fujimori accusée par ailleurs de corruption.

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