EN DIRECT - Guerre en Ukraine: le Premier ministre espagnol va «bientôt» se rendre à Kyiv

En résumé

- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé lundi soir le début de «la bataille pour le Donbass», c’est-à-dire l’offensive contre l’est du pays que préparait l’armée russe depuis plusieurs semaines et son retrait de Kyiv.

- La Russie a refusé ce mardi la mise en place de couloirs humanitaires, notamment à Berdyansk et Marioupol, pour le troisième jour de suite.

- Une réunion virtuelle est prévue ce mardi entre les Etats-Unis et «ses alliés et partenaires» pendant laquelle doivent être évoqués le «soutien continu à l’Ukraine et les efforts visant à s’assurer que la Russie rende des comptes».

Près de 5 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays en guerre. Selon le Haut Commissariat (HCR) pour les réfugiés de l’ONU, 4 980 589 Ukrainiens ont fui à l’étranger depuis le début de l’invasion par les Russes le 24 février dernier, soit 46 174 de plus que lors du décompte lundi. Les Nations unies s’inquiètent de la rapidité et de l’ampleur de cet exode. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), également rattachée à l’ONU, précise qu’environ 215 000 non-Ukrainiens, essentiellement des étudiants et des travailleurs migrants, ont aussi quitté l’Ukraine pour rejoindre les pays voisins. Au total, ce sont quelque 5,2 millions de personnes qui ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre. «L’essentiel est que les frontières restent ouvertes, que les gens puissent avoir accès à la sécurité et que quand ils arrivent dans les pays voisins, ils aient accès à de l’aide», a déclaré à la presse une porte-parole du HCR à Genève, Shabia Mantoo.

En cas de succès dans le Donbass, les soldats russes pourraient revenir à Kyiv. Dans un entretien accordé à CNN, l’ancien boxeur star Wladimir Klitschko, frère du maire Kyiv Vitali Klitschko, s’est dit inquiet de voir les soldats russes reprendre la route de Kyiv : «Nous attendons tout et n’importe quoi, surtout en ce qui concerne la capitale. Bien sûr, nous nous attendons à ce qu’ils reviennent. Si vous envahissez le pays, il est évident que vous visez la capitale du pays.»

Des dizaines de diplomates européens expulsés de Russie. Le Kremlin annonce l’expulsion de 36 diplomates belges et néerlandais, en représailles à une mesure similaire prise par les deux Etats à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Ils ont deux semaines pour quitter la Russie.

La Russie assure avoir ouvert un couloir pour permettre aux soldats ukrainiens de se retirer de Marioupol. Après avoir exigé il y a quelques heures la reddition des soldats ukrainiens retranchés dans la zone industrielle d’Azovstal, dans le port stratégique de Marioupol, le Kremlin affirme avoir ouvert un couloir humanitaire pour leur permettre d’évacuer. «Etant donné la situation catastrophique dans l’usine métallurgique d’Azovstal […] à partir de 14 heures les forces russes ont ouvert un corridor pour permettre la sortie des militaires de l’armée ukrainienne et des combattants de formations nationalistes ayant volontairement déposé les armes», a indiqué le ministère russe de la Défense, précisant qu’un cessez-le-feu local avait été instauré pour assurer une évacuation.

Pour le Kremlin, l’Occident fait durer le conflit en Ukraine. Le ministre de la Défense russe, le très influent Sergueï Choïgou, est réapparu ce mardi pour la première fois à la télévision publique russe depuis fin mars. Il a continué à utiliser les termes de propagande sciemment choisis par le Kremlin - «opération militaire spéciale» et «plan de libération des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk». Avant de s’en prendre à l’Occident, responsable selon lui de l’enlisement de la guerre : «Les Etats-Unis, et les Etats occidentaux qu’ils contrôlent, font tout pour faire durer au maximum l’opération militaire spéciale. Les livraisons croissantes d’armes étrangères démontrent clairement leur intention, celle que le régime de Kyiv se batte jusqu’au dernier des Ukrainiens.»

Viols de guerre en Ukraine : «L’objectif est de terroriser, d’humilier la population.» La juriste spécialisée dans les crimes de guerre Céline Bardet décrypte pour Libé les mécanismes des violences sexuelles dans le conflit ukrainien. Une centaine d’enquêteurs sont mobilisés sur ce phénomène d’une ampleur difficile à évaluer. Lire son interview.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, se rendra «bientôt» à Kyiv. Son entourage indique, ce mardi, que le chef du gouvernement socialiste ira «bientôt» à Kyiv, sans toutefois préciser la date exacte du voyage «pour des raisons de sécurité». Pedro Sanchez avait annoncé, ce lundi, la réouverture «dans quelques jours» de l’ambassade d’Espagne dans la capitale ukrainienne. De son côté, Emmanuel Macron a fait savoir ce lundi, par l’intermédiaire de ses proches, qu’il ne se rendra pas en Ukraine avant le second tour de la présidentielle. Au contraire de certains de ses homologues européens, comme le Premier ministre britannique, Boris Johnson ou la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

L’offensive russe a tué au moins neuf civils dans les régions de Lougansk et de Donetsk. Un bilan encore provisoire. Alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé, ce lundi soir, le début de l’attaque russe contre le Donbass (sud-est de l’Ukraine), les autorités locales dénombrent huit civils décédés ce lundi et un autre, ce mardi. Quatre d’entre eux - une famille - ont été tués par des tirs russes alors qu’ils tentaient de fuir la ville du sud-est de l’Ukraine Kreminna, selon le gouverneur Serguïï Gaïdaï.

Le gouverneur de la région de Louhansk appelle les habitants de la région à partir au plus vite. «Il n’y a plus de temps à perdre, la décision doit être prise rapidement. Fuyez !», a ordonné Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de Lougansk (sud-est), à ses concitoyens. «Évacuez vers les régions sûres de l’Ukraine. Vous serez relogés, vous obtiendrez une aide financière de l’Etat et des partenaires internationaux. Les bus attendent», a-t-il poursuivi, dans un message publié, ce mardi, sur Telegram. Et de citer l’exemple de Kreminna, une ville de la région assiégée par les Russes dans la nuit de dimanche à lundi, où les habitants «n’ont pas eu le temps» de s’enfuir et «sont maintenant otages des Russes».

Des témoignages de plus en plus nombreux révèlent des abus sexuels sur le champ de guerre. Près de deux mois après le début du conflit en Ukraine, des victimes sortent de leur silence pour dénoncer des cas de viols et de violences sexuelles dans les zones occupées par Moscou. «Y compris des jeunes filles mineures et un bébé», précise le président ukrainien Volodymir Zelenski, ce mardi. «Des gens sont violés devant des membres de leur famille», renchérit dans Libération Kateryna Busol, une avocate ukrainienne qui documente les allégations de violences sexuelles depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. L’ONU appelle au lancement d’une enquête indépendante.

La Russie appelle les combattants de Marioupol à cesser leur «résistance insensée». C’est un nouvel ultimatum adressé, ce mardi, aux combattants ukrainiens retranchés dans les sous-sols du site industriel d’Azovstal, l’un des derniers bastions ukrainiens du port de Marioupol (sud-est). «Ne tentez pas le destin, prenez la seule décision correcte, celle de cesser les opérations militaires», s’est exclamé le ministère russe de la Défense. Il a promis «la vie sauve» aux combattants ukrainiens de Marioupol, occupant encore le complexe d’Azovstal s’ils se rendaient à partir de midi, heure locale, ce mardi. Dans un second message, publié sur Telegram, le ministère a élargi cet appel, demandant à l’ensemble de l’armée ukrainienne de «déposer les armes maintenant.»

La Russie se targue d’avoir mené des dizaines de frappes dans l’est de l’Ukraine. Le Kremlin revendique d’avoir fait pleuvoir un déluge de feu sur le Donbass dans la nuit de lundi à mardi. «Des missiles de haute précision des forces aérospatiales russes ont neutralisé treize places fortes des unités de l’armée ukrainienne» ainsi que des «concentrations» de militaires près de la ville clé de Sloviansk dans la région de Donetsk, indique ce mardi le ministère de la Défense russe. Il a fait état de dizaines d’autres frappes de missiles et de centaines de cibles visées par son artillerie dans le sud et l’est du pays.

Après une frappe dans le village de Yatskivka, dans le Donbass, samedi. © Ronaldo Schemidt Après une frappe dans le village de Yatskivka, dans le Donbass, samedi.

Rencontre virtuelle entre Emmanuel Macron, Joe Biden et des alliés de l’Otan à la mi-journée. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, a annoncé ce mardi matin, sur CNews, que le président français échangera à la mi-journée avec son homologue américain, Joe Biden, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg et les chefs de plusieurs pays alliés, notamment le Canada, le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’occasion de discuter, par écran interposé, du «soutien permanent» octroyé à l’Ukraine et des «efforts pour tenir la Russie pour responsable» du conflit, a précisé la Maison Blanche dans un communiqué.

Toujours pas de couloir humanitaire ce mardi. Pour le troisième jour d’affilée, aucun couloir d’évacuation des civils n’a pu être mis en place ce mardi, a annoncé la vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk. Les Russes et les Ukrainiens n’ont à nouveau pas trouvé d’accord. «Des bombardements intenses se poursuivent dans le Donbass» dans l’est du pays, a-t-elle ajouté sur Telegram, là où les forces russes ont lancé, selon Kyiv, une offensive majeure ce lundi.

Des cargaisons d’armes américaines arrivent peu à peu en Ukraine. Depuis que Joe Biden a promis, mercredi dernier, une aide supplémentaire de 800 millions de dollars pour soutenir les troupes ukrainiennes, «quatre vols sont arrivés des États-Unis dans la région, avec divers équipements», a annoncé lundi soir un haut responsable du ministère américain de la Défense ayant requis l’anonymat. «Un cinquième vol devrait arriver dans les prochaines 24 heures», a-t-il poursuivi. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a souligné que des soldats américains, déployés en Ukraine, commenceront «dans les prochains jours» à former des militaires ukrainiens au maniement des canons M777 Howitzer - les pièces d’artillerie de dernière génération que les États-Unis ont décidé de remettre pour la première fois à l’armée ukrainienne.

Pas de corridors humanitaires ce mardi non plus ? Après avoir refusé leur mise en place dimanche et lundi, on ignore si la Russie acceptera ce mardi l’instauration de couloirs humanitaires en Ukraine. La vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk a demandé lundi à Moscou d’en appliquer à Berdyansk et Marioupol, en particulier au complexe métallurgique d’Azovstal, où se trouvent des combattants mais où sont retranchés également «beaucoup de civils» ukrainiens. «Votre refus d’ouvrir ces couloirs humanitaires servira, à l’avenir, d’éléments pour des poursuites en justice contre tous ceux impliqués dans des crimes de guerre», a-t-elle dit sur Telegram.

Le début de la bataille pour le Donbass. «Nous pouvons maintenant affirmer que les troupes russes ont commencé la bataille pour le Donbass, à laquelle elles se préparent depuis longtemps. Une très grande partie de l’ensemble de l’armée russe est désormais consacrée à cette offensive», a déclaré lundi soir le président Volodymyr Zelensky dans un discours retransmis sur Telegram. «Peu importe combien de soldats russes sont amenés jusqu’ici, nous combattrons. Nous nous défendrons», a-t-il clamé, après avoir averti la veille qu’ «ils veulent littéralement achever et détruire le Donbass». Et selon un haut responsable américain du département de la Défense, la Russie a augmenté de «onze bataillons» en une semaine sa présence militaire dans l’est et le sud de l’Ukraine, portant à 76 le total de bataillons dans le pays.

Un cratère et des maisons détruites dans le village de Yatskivka, dans l'Est de l'Ukraine, samedi. © Ronaldo Schemidt Un cratère et des maisons détruites dans le village de Yatskivka, dans l'Est de l'Ukraine, samedi.

Les Etats-Unis et leurs alliés se réunissent mardi autour de l’Ukraine. Le président américain Joe Biden participera mardi à une réunion virtuelle consacrée à l’offensive russe en Ukraine, a indiqué dans la nuit de lundi à mardi la Maison Blanche. Le président américain évoquera, «avec les alliés et partenaires» des Etats-Unis dont la liste n’a pas été dévoilée, le «soutien continu à l’Ukraine et les efforts visant à s’assurer que la Russie rende des comptes», selon un responsable de la Maison Blanche. Interrogé lundi sur de nouvelles mesures ou sanctions contre la Russie, le porte-parole du Département d’Etat Ned Price a indiqué que Washington continuerait à accroître les sanctions financières et autres mesures économiques contre la Russie afin de lui faire payer le coût de son invasion de l’Ukraine lancée le 24 février.

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