En Syrie, un scrutin pour prêter "allégeance" au clan Assad après 50 ans de pouvoir

Des portraits géants du président Bachar al-Assad avant la présidentielle du 26 mai, le 23 mai 2021 dans une rue de Damas, en Syrie © LOUAI BESHARA Des portraits géants du président Bachar al-Assad avant la présidentielle du 26 mai, le 23 mai 2021 dans une rue de Damas, en Syrie

La présidentielle organisée mercredi en Syrie doit consacrer un demi-siècle de pouvoir du clan Assad en offrant un quatrième mandat à Bachar al-Assad, qui se veut l'homme de la reconstruction dans un pays en faillite après 10 ans d'une guerre civile dévastatrice.

Profil de Bachar al-Assad, président de la Syrie et candidat à un 4e mandat lors de l'élection présidentielle du 26 mai © Kenan AUGEARD Profil de Bachar al-Assad, président de la Syrie et candidat à un 4e mandat lors de l'élection présidentielle du 26 mai

"Mise en scène", élection "ni libre ni juste": les Occidentaux ont par avance dénoncé cette présidentielle, la deuxième depuis le début du conflit en 2011. L'opposition a parlé de "mascarade".

Quoiqu'il en soit, Bachar al-Assad, 55 ans, a pu inverser le cours de la guerre avec l'aide de ses alliés -Russie, Iran et Hezbollah libanais-, enchaînant à partir de 2015 les victoires et reprenant les deux-tiers du territoire, au prix d'un bilan très lourd.

"L'espoir par le travail", tel est pourtant le slogan choisi par M. Assad pour sa campagne électorale, dans un pays à l'économie en lambeaux et aux infrastructures ravagées par le conflit, qui a fait plus de 388.000 morts et poussé à l'exil des millions de Syriens.

"Les Syriens vont voter pour prêter allégeance à Bachar al-Assad et au système", résume l'analyste Fabrice Balanche, de l'Université Lumière Lyon 2. "Bachar al-Assad montre que les institutions fonctionnent à travers la tenue régulière des élections."

Celle de mercredi lui offrira un mandat de sept ans et se déroulera dans les régions sous contrôle de son armée.

A Damas, ses portraits ont envahi les places. Il y a aussi, plus discrets, ceux des deux autres candidats -l'ex-ministre Abdallah Salloum Abdallah et Mahmoud Mareï, membre de l'opposition tolérée par le pouvoir. Des faire-valoir, accusent les détracteurs.

Un portrait géant du président Bachar al-Assad, candidat à la présidentielle du 26 mai, le 23 mai 2021 dnas une rue de Damas, en Syrie © LOUAI BESHARA Un portrait géant du président Bachar al-Assad, candidat à la présidentielle du 26 mai, le 23 mai 2021 dnas une rue de Damas, en Syrie

La loi électorale impose aux candidats d'avoir vécu en Syrie dix ans de suite avant le scrutin, ce qui exclut de facto les figures de l'opposition en exil, très affaiblies.

- Paria -

Propulsé au pouvoir en 2000 pour remplacer son père Hafez, décédé après 30 années de règne sans partage, M. Assad a décrété avant le scrutin une amnistie pour des milliers de prisonniers.

La photo des candidats à la présidentielle syrienne, Mahmoud Marei (g), le président Bachar al-Assad (c) et Abdullah Salloum Abdullah (d) sur un bulletin de vote, lors du vote des Syriens vivant au Koweit, le 20 mai 2021 à l'ambassade syrienne à Koweit City © YASSER AL-ZAYYAT La photo des candidats à la présidentielle syrienne, Mahmoud Marei (g), le président Bachar al-Assad (c) et Abdullah Salloum Abdullah (d) sur un bulletin de vote, lors du vote des Syriens vivant au Koweit, le 20 mai 2021 à l'ambassade syrienne à Koweit City

Sa vidéo de campagne débute elle avec des images d'explosions, d'habitants fuyant des quartiers dévastés, avant d'enchaîner sur une rhétorique de reconstruction: un instituteur qui rebouche un trou d'obus dans sa classe, un agriculteur dans son champ, une scierie qui reprend du service.

Marche de soutien au président Bachar al-Assad, le 18 mai 2021 à Alep, en Syrie © - Marche de soutien au président Bachar al-Assad, le 18 mai 2021 à Alep, en Syrie

Mais concrètement, quelle reconstruction possible en étant un paria international et quelle marge de manoeuvre?


Vidéo: Élection présidentielle syrienne : les Syriens du Liban affluent pour voter à l'ambassade (France 24)

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