Bicentenaire de la mort de Napoléon : quel sens politique aux commémorations de Macron ?

Le chef de l'Etat se rendra mercredi à l'Institut de France pour participer aux commémorations du bicentenaire de la mort de Napoleon Bonaparte. Une cérémonie qui, à l'image de l'Empereur, divise la classe politique depuis deux siècles, et pose la question du sens politique de cet évènement voulu par Emmanuel Macron. © BERTRAND GUAY / AFP / POOL Le chef de l'Etat se rendra mercredi à l'Institut de France pour participer aux commémorations du bicentenaire de la mort de Napoleon Bonaparte. Une cérémonie qui, à l'image de l'Empereur, divise la classe politique depuis deux siècles, et pose la question du sens politique de cet évènement voulu par Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat se rendra mercredi à l'Institut de France pour participer aux commémorations du bicentenaire de la mort de Napoleon Bonaparte. Une cérémonie qui, à l'image de l'Empereur, divise la classe politique depuis deux siècles, et pose la question du sens politique de cet évènement voulu par Emmanuel Macron.

Mercredi, Emmanuel Macron marquera le 200e anniversaire de la mort de Napoléon avec un discours dans lequel il va "regarder en face" l'héritage laissé par l'empereur, à la fois figure admirée et controversée de l'Histoire de France. Des commémorations qui s’inscrivent dans le projet mémoriel du chef de l'Etat et de sa promesse faite pour Napoléon, comme auparavant pour l’Algérie ou le Rwanda.

"Emmanuel Macron ne se dérobe pas", plaide l’un de ses proches. Le chef de l'Etat se rendra dans l'après-midi à l'Institut de France pour y participer à une cérémonie avec des académiciens et des lycéens. Il s'exprimera après un exposé de l'historien Jean Tulard, l'un des meilleurs experts de Napoléon en France.

Suivra une séquence plus solennelle avec le dépôt d'une gerbe de fleurs au pied du tombeau de l'empereur, sous le dôme des Invalides, où Emmanuel Macron sera entouré de la ministre des Armées Florence Parly, du chef d'état-major des Armées François Lecointre et de Jean-Christophe Napoléon Bonaparte, membre de l'illustre famille. En marquant cet anniversaire, Emmanuel Macron "ne se dérobe pas", souligne l'Elysée, alors que ses prédécesseurs s'étaient montrés prudents sur ce dossier.

La classe politique divisée

Mort le 5 mai 1821 en exil sur l'île britannique de Sainte-Hélène, Napoléon reste une figure extrêmement controversée pour son action durant la quinzaine d'années où il a exercé le pouvoir, entre 1799 et 1815. Et l’Elysée a évidemment bien perçu le risque politique de cette date. Un important conseiller tente de déminer par avance, expliquant que "commémorer n’est pas célébrer", et promettant un discours "ni hagiographique, ni dans le déni, ni dans la repentance".

Mais une fois ces principes posés, on ne peut pas faire abstraction des polémiques autour de Napoléon. Car sa figure divise la classe politique depuis deux siècles. La droite loue régulièrement son héritage et sa figure de chef, quand la gauche souligne son autoritarisme et sa décision de rétablir l’esclavage. 

Garder "le meilleur de l'Empereur"

Alors Emmanuel Macron a-t-il des messages politiques à faire passer à travers cet évènement ? Une hypothèse que son entourage dément, affirmant simplement que la République a gardé "le meilleur de l’Empereur".

Mais comme pour cultiver un "en même temps" mémoriel, l’Elysée laisse entendre qu’il n’est pas exclu qu’Emmanuel Macron commémore aussi les 150 ans de la Commune de Paris, après Napoléon. Comme si droite comme gauche devaient avoir droit à leur commémoration.

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