Affrontements sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem

Des manifestants palestiniens sur l'esplanade des Mosquées ce vendredi matin à Jérusalem. © Mahmoud Illean Des manifestants palestiniens sur l'esplanade des Mosquées ce vendredi matin à Jérusalem.

Des affrontements entre manifestants palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, les premiers depuis le début du ramadan, ont fait une vingtaine de blessés vendredi sur fond de crainte d’un embrasement dans les Territoires palestiniens occupés. Dans un premier bilan à l’AFP, le Croissant-Rouge palestinien avait fait état de sept blessés dans ces heurts matinaux dans la vieille ville de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé depuis 1967 par Israël, avant de rapidement revoir ce bilan à la hausse.

Selon un photographe de l’AFP sur place, les affrontements étaient nourris et plus d’une centaine de Palestiniens lançaient des projectiles en direction des forces de l’ordre israéliennes, qui ont riposté par des tirs de balle en caoutchouc vers des manifestants palestiniens.

Week-end pascal sous haute tension

«Vingt blessés ont été transférés jusqu’à présent dans des hôpitaux de Jérusalem en lien avec les affrontements en cours [à l’esplanade des Mosquées]. Et il y a encore des blessés sur le site», a précisé le Croissant-Rouge palestinien. De son côté, la police israélienne a indiqué que trois policiers ont été blessés.

Vers 4 heures du matin, «des dizaines de jeunes émeutiers masqués», certains s’affichant avec des drapeaux du mouvement islamiste armé Hamas, ont «amorcé une procession» sur l’esplanade des Mosquées, et lancé des pierres en direction du mur des Lamentations adjacent, plus important lieu de prière de la tradition juive, a indiqué la police israélienne disant être intervenue pour «rétablir l’ordre».

Le week-end pascal va voir se croiser, dans un Jérusalem sous haute tension, les fidèles des trois religions. Dans la vieille ville, le chemin de croix a été avancé d’une heure pour éviter que les chrétiens ne croisent les musulmans qui se rendent à la mosquée al-Aqsa. Quant aux juifs, ils ne passent pas par le même chemin et devraient rester cantonnés au mur des Lamentations.

Mais selon le quotidien israélien Haaretz, une organisation sioniste religieuse, Hozrim LaHar, ne compte pas en rester là. Ces adeptes de la reconstruction du Troisième temple juif sur l’esplanade des Mosquées offrent une récompense à ses membres qui montent sur ce lieu saint de l’islam, interdit aux fidèles des autres religions en dehors des horaires de visite. S’ils n’ont que peu de chances d’y arriver, la simple menace inquiète les musulmans qui risquent d’arriver en masse pour protéger al-Aqsa, amenant à de potentielles interventions de la police. C’est ainsi que l’escalade de l’année dernière a commencé.

Lors du ramadan en 2021, mois sacré des musulmans, des manifestations nocturnes à Jérusalem et des heurts jusque sur l’esplanade s’étaient mués en onze jours de guerre entre le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et Israël.

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