Donald Trump évoque une grâce pour les émeutiers du Capitole s’il est réélu

Dans un discours prononcé samedi au Texas, Donald Trump a évoqué une possible grâce pour les émeutiers du Capitole, s’il était réélu.

Donald Trump © Go Nakamura / Reuters Donald Trump

Donald Trump n’a toujours pas concédé sa défaite à l’élection présidentielle, mais il se projette déjà sur 2024. L’ancien président américain se trouvait samedi à Conroe, au Texas, où il a donné un discours devant ses partisans. A quelques mois des élections de mi-mandat, il a conscience d’être encore massivement populaire chez les républicains et capitalise sur ses partisans pour peser dans le jeu politique. «Si je me présente et que je gagne, nous traiterons justement ces gens du 6 janvier», a-t-il lancé au public en évoquant celles et ceux qui ont participé à l’invasion du Capitole l’an dernier. «Nous les traiterons justement et si cela passe par des grâces, nous leur accorderons des grâces parce qu’ils ont été traités si injustement», a-t-il poursuivi, alors que plus de 700 personnes ont été mises en examen pour leur participation à cet événement inédit, au cours duquel cinq personnes ont trouvé la mort et depuis lequel quatre policiers se sont suicidés , leur famille accusant le traumatisme de la violence vécue ce jour-là.

Donald Trump a poursuivi son discours en s’en prenant à la commission d’enquête parlementaire qui a récemment cité à comparaître ses enfants : «Ce que ces gens font, c’est une honte». Mais la commission se rapproche peu à peu de celui qui risque l’ouverture d’une enquête pénale , un an après sa mise en accusation pour «incitation à l’insurrection» par la Chambre des représentants, votée par une poignée d’élus républicains.

Plusieurs condamnations ont déjà été prononcées dans l’enquête sur l’invasion du Capitole. Et au début de l’année, les poursuites judiciaires ont pris un nouveau tournant : onze personnes ont été mises en examen pour «complot séditieux», des charges d’une ampleur inédite retenues à l’encontre de Stewart Rhodes, fondateur du groupe d’extrême droite des Oath Keepers et de dix membres ou associés.

Des gens "très spéciaux" selon Trump

Le 6 janvier 2021, Donald Trump avait mis plusieurs heures à évoquer l’invasion du Capitole par ses partisans, devant lesquels il s’était exprimé le jour-même lors d’une manifestation baptisée «Stop the Steal» («Arrêtez le vol»). Refusant de condamner fermement les violences en cours, Donald Trump avait dit aux émeutiers, dans une vidéo publiée sur son défunt compte Twitter, qu'ils étaient «très spéciaux» et qu'il les «aimait», même si certains arboraient des drapeaux confédérés voire des symboles nazis -un homme portant un sweat sur lequel était écrit «Camp Auschwitz» avait entre autres été arrêté.

Un an jour pour jour après les faits, Joe Biden a prononcé dans un discours une charge d’une rare violence à l’égard de son prédécesseur , dont il n’a pas cité le nom une seule fois : «Pour la première fois de notre histoire, un président n’a pas seulement perdu une élection, il a tenté d’empêcher la transmission pacifique du pouvoir alors qu’une foule violente a fait irruption dans le Capitole. Il n’a rien fait pendant des heures alors que la police était attaquée, des vies mises en danger, le Capitole de la nation assiégé», avait-il déclaré. «Il a créé et répandu une série de mensonges à propos de l’élection de 2020. Il l’a fait car il préfère le pouvoir aux principes, parce qu’il pense que son intérêt personnel est plus important que les intérêts de son pays. Il ne peut pas accepter d’avoir perdu.»

Donald Trump, qui avait prévu d’organiser une conférence de presse le même jour, avait répondu dans un communiqué, accusant les démocrates de vouloir «prendre possession de ce 6 janvier pour inciter à la peur et diviser l’Amérique» : «Laissons-les faire car l’Amérique voit clair dans leurs mensonges et leurs volontés de polarisation», avait-il lancé.

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