Paris sportifs : Yann, profession tradeur sportif…

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Arrivé en juin 2014 en tant que trader paris sportifs lors de l’ouverture du département chez Winamax pour la Coupe du monde de football, Yann, nous fait découvrir son métier ainsi que les coulisses et ficelles de la fonction, méconnue pour beaucoup au même titre que le chemin pour devenir coteur. Une plongée savoureuse dans un univers qui passionne les fans autant qu’il les intrigue.

Comment êtes-vous devenu trader sportif ?

C’est une pure coïncidence, car moi à la base, je suis ingénieur en électricité, et certes grand fan de sport et de paris sportifs. Je cherchais un travail logiquement dans ce domaine et je suis tombé par hasard, en lisant un forum de pronostic, sur une offre d’emploi pour travailler dans les paris sportifs. J’ai postulé sans y croire vraiment et j’ai été pris.

Etiez-vous un gros parieur avant d’en faire votre métier ?

Non, j’étais un très petit parieur, mais j’avais quand même cette affection pour Winamax de par le poker. J’en étais même très fan, c’est pour ça que je n’ai tenté que Winamax. Après, oui, j’ai toujours été d’un naturel joueur, mais c’est surtout cette passion pour le sport qui m’a amené ici.

Il y a-t-il une formation pour devenir trader sportif ?

Non. C’est tellement un métier spécifique qu’il n’y a pas de formation à proprement parler, comme pour les journalistes sportifs par exemple. Trader sportif, c’est un très petit milieu (moins de 100 personnes en France). On recherche avant tout des spécialistes/amoureux de sport et de tous les sports qui ont cette appétence pour les paris sportifs et les mathématiques. Dans notre équipe, ça vient de tous les horizons. On ne recrute pas que des Bac+5, l’éventail est très large.

Qu’est-ce qui différencie un trader classique d’un trader sportif ?

Les deux dénominateurs communs sont les enjeux financiers ainsi que la réactivité/gestion du stress à avoir dans ses actions.

A part ça, les deux métiers sont très différents. Nous, on n’achète pas et on ne vend pas d’actifs comme le fait un trader financier. D’ailleurs, les traders sportifs sont également appelés coteurs, car le coeur de métier du trader sportif, c’est d’établir des cotes sur des évènements sportifs.

« Le coeur du métier du trader ? Faire des cotes  »

En quoi consiste la fonction de trader sportif ?

En amont, le trader établit des cotes puis publie les paris sur le site. Il supervise également le site et tous les paris qui arrivent afin de gérer au mieux le risque. Il pourra si nécessaire ajuster les cotes sur toute la durée de vie du pari. Et à la fin d'un match, il devra saisir les résultats afin que les parieurs soient payés. Le trader a également une vraie plus-value marketing, en créant notamment des cotes boostées, ou encore en mettant en avant certains matchs sur le site (pour lequel il devra choisir une photo pour la mise en avant). Par ailleurs il a pour mission également d’acheter les droits streaming de certains matchs qui sont diffusés sur le site. Ce qui confère au trader un éventail très large d’actions. Même si principalement son cœur de métier reste de faire des cotes.

Justement, comment faites-vous les cotes ?

Cela se fait en deux temps. Dans un premier temps, des algorithmes puissants ou des humains vont calculer la cote brute à partir d’entrées sportives. Cela va des confrontations sportives, du parcours et de l’état de forme des joueurs en passant par les conditions météorologiques, qui influent automatiquement sur les probabilités, à la composition des équipes ainsi qu’à leur effectif. Le deuxième critère est un critère de marché où l’on va se comparer par rapport à la concurrence internationale pour se rassurer puis à la concurrence française pour répondre à notre « marque de fabrique » qui est de proposer les meilleures cotes.

Est-ce pour cette raison que l’on entend toujours parler de Winamax comme du site de paris sportifs le plus agressif ?

Au lancement de l’activité en 2014, nous avons choisi de proposer les meilleures cotes, c’était d’ailleurs notre slogan pendant des années, qui est devenu "Grosse cote, gros gain, gros respect" depuis. Avoir les meilleures cotes, cela veut dire avoir des cotes plus élevées que nos concurrents et donc offrir des gains qui sont supérieurs pour nos parieurs. On s’efforce d’avoir cette politique et de redonner le maximum aux joueurs (dans la limite imposée par la loi).

Vous parlez d’algorithme. De quoi s’agit-il en termes de paris sportifs ?

C’est une sorte de boîte noire dans laquelle on rentre beaucoup de paramètres purement sportifs, c’est-à-dire beaucoup d’éléments qui peuvent permettre d’influer sur les cotes en sortie. Les algorithmes sont faits en interne, donc on ne peut pas tout dévoiler (rires). On a ensuite tout un travail de supervision qui consiste à se confronter au marché et on peut ensuite sortir notre cote.

On dit souvent que le coteur sportif joue en permanence au chat et à la souris. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Prenons l’exemple d’une soirée de Ligue des Champions. On propose peut-être mille matchs sur notre application, avec huit gros matchs du soir et les six gros matchs de 21h00, et entre 120 et 130 paris possibles par match. Ce qui fait une multitude de paris proposés à nos joueurs. On se doit donc de superviser ça en permanence, car on n’est jamais sûrs à cent pour cent de la qualité des milliers et milliers de cotes proposées. Et forcément, on peut y trouver des erreurs, les coteurs sont des humains avant tout (rire)

« En France, on a la chance d’être protégé »

Peut-on parier sur tout ?

En France, non. On ne peut vraiment parier que sur des événements sportifs, contrairement par exemple à l’Angleterre, où l’on peut parier sur tout et n’importe quoi. On peut même parier sur la couleur du chapeau de la reine (mais pas sur le jour de sa mort, car c’est formellement interdit). Mais en France, non. En revanche, on ne peut pas parier sur tous les sports ni sur toutes les compétitions.

Quels sont les paris sportifs limités ou pas autorisés en France ?

En tennis, on ne peut pas parier en France sur les circuits secondaires ou tertiaires (challengers, ITF). On ne peut pas non plus parier en football sur le championnat National, qui n’est pas professionnel, ni sur des sports trop mineurs ou trop récents, comme le Esport, le squash, le padel… L’ANJ, qui est l’autorité qui nous régule, juge que ces sports ne sont pas encore assez solides, car le sportif amateur ou dont la filière n'est pas encore assez développée est plus enclin à céder à la corruption. En France, on a la chance d’être protégé. C’est d’ailleurs pour ça que les paris sur le handball, en particulier à la mi-temps, ont été limités depuis l’affaire des paris truqués autour du match entre Montpellier et Cesson-Rennes.

Qu’est-ce qui vous excite le plus dans votre métier ?

C’est surtout d’avoir le sport en fond. C’est ce qui fait que tous les matins, je kiffe me lever pour aller travailler et aller faire avancer ce domaine, qui est un domaine de passion. Au-delà du sport, on propose du jeu à nos parieurs. En plus, c’est un domaine très moderne, avec beaucoup de challengers qui nous bousculent. Ça avance très vite et il faut vraiment évoluer avec son temps. On ne peut pas se permettre de rester inactif pendant des semaines.

Un parieur a gagné près de 400 000 euros chez vous. A ce jour, il s’agit toujours du plus gros gain de l’histoire de Winamax. Est-ce forcément un moment à part pour vous coteur ?

Oui, parce que l’on est très content d’avoir de gros gagnants, comme on est très content pour le gagnant, qui était en plus l’un de nos gros clients. C’est un parieur qui avait quand même été assez culotté ce jour-là, puisqu’il a misé 500 euros sur un pari qui comportait 21 sélections, avec du foot, mais aussi de basket, du tennis, du rugby, du biathlon et j’en passe. Avec une mise de 500 euros, il a réussi à gagner 399 500 euros. C’est beau, c’est notre record et c’est le record français sur un seul pari jusqu’à maintenant. Ce parieur a d’ailleurs réédité sa performance récemment sur un combiné de deux sélections biathlon. En misant 600 euros sur 4 paris – ce qui est quand même une somme énorme – il a réussi à prendre 80 000 euros, ça commence à chiffrer pour lui (rires).

Dans la boule de cristal de Winamax...

Vainqueur du prochain Tour de France (cyclisme) : Tadej Pogacar

Vainqueur de la prochaine Coupe du monde (football) : la France

Vainqueur de la prochaine Coupe du monde (rugby) : la France

Vainqueur de la Ligue des Champions (football) : le PSG

Vainqueur de la Ligue des Champions (handball) : le PSG

Champion de France (football) : le PSG

Vainqueur du prochain Roland-Garros (tennis) : Rafael Nadal

Vainqueur du prochain Open d'Australie (tennis) : Daniil Medvedev

Vainqueur du classement général final de la Coupe du monde (biathlon) : Sturla Laegreid

Prochain champion de NBA (basket) : Golden State

Paris sportifs : Yann, profession tradeur sportif…