Iran: l'inflation galopante «rétrécit» l'assiette de nombreux habitants

Dans une épicerie de Téhéran, le 5 juin 2021 (image d'illustration). © AFP - STR Dans une épicerie de Téhéran, le 5 juin 2021 (image d'illustration).

En Iran, l'inflation dépasse toujours les 50%. Un chiffre encore plus élevé pour les produits de consommation courante qui ont augmenté de plus de 70% au moins. Une situation qui « rétrécit » l'assiette de nombreux Iraniens.

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Signe de l'appauvrissement de nombreux Iraniens, la consommation des fruits a baissé de 50% car de nombreux Iraniens n'ont pas assez d'argent pour acheter des fruits qui sont de plus en plus chers malgré l'abondance sur le marché. Pour Mohammad, un jeune coiffeur, originaire d'une ville du nord de l'Iran qui est venu, il y a une dizaine d'années, travailler à Téhéran, la baisse de la consommation des fruits est fortement ressentie : « La cherté de la vie est très grande. Nous sommes tous liés. La vie ne tourne pas. Nos revenus ne correspondent pas aux dépenses. Nos revenus sont en rial, mais nos dépenses sont en dollar. Cela se voit dans nos assiettes. Cela a beaucoup d'effet. Il y a au moins 50 à 60% de baisses dans nos achats. »

« C'est devenu difficile »

Malgré des déclarations répétées, le gouvernement a du mal à contrôler la hausse des prix. Officiellement, l'inflation sur les douze derniers mois dépasse les 45% alors que l'inflation pour les produits de consommation courante atteint les 60%. Mais pour certains produits, la hausse est encore plus forte comme l'affirme Najib, un jeune ouvrier d'une vingtaine d'année, qui est venu faire ses courses dans un marché municipal ou les prix sont pourtant moins élevés : « Les fruits ont fortement augmenté par rapport à avant. Plus de deux fois au moins. C'est le cas aussi pour tous les produits laitiers. Lorsque vous allez faire vos courses, tout est devenu cher, le fromage a augmenté de 50%, le lait aussi, le yaourt a triplé. C'est devenu difficile, très très difficile. »

Les classes moyennes s'appauvrissent

Le vice-président iranien Solat Mortazavi a lui-même affirmé que les gens simples ont du mal à acheter des produits laitiers, des eaux et de la viande de poulet. Les experts affirment que l'inflation pourrait augmenter encore et atteindre son niveau le plus important de ces quarante dernières années. On assiste à un appauvrissement des couches moyennes qui n'ont plus les moyens de joindre les deux bouts. De nombreux commerces sont également touchés, c'est le cas de la restauration. En effet, selon leur syndicat, 30% des restaurants ont mis la clé sous la porte ces deux derniers mois.

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