Un des suspects du meurtre de Jamal Khashoggi interpellé à Roissy

Selon RTL, Khaled Aedh Al-Otaibi, un des suspects du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, a été arrêté ce mardi à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy

Jamal Khashoggi © Emrah Gurel/AP/SIPA Jamal Khashoggi

Une avancée majeure. Selon RTL, un des suspects du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été arrêté ce mardi en France. Khaled Aedh Al-Otaibi a été interpellé alors qu'il s'apprêtait à décoller de l'aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy pour rentrer à Ryad. L'homme de 33 ans, recherché par Interpol car sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Turquie pour «assassinat», se trouvait au consulat saoudien d'Istanbul en octobre 2018 lorsque Jamal Khashoggi a été tué. L'ancien membre de la Garde royale saoudienne a été placé en rétention judiciaire et sera présenté mercredi au parquet général de la cour d'appel de Paris, qui lui notifiera le mandat d'arrêt, précise l'AFP.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi s'était rendu le 2 octobre 2018 au consulat de son pays à Istanbul, espérant obtenir des papiers pour son mariage à venir. Mais le chroniqueur du «Washington Post», ancien proche du pouvoir devenu détracteur du prince héritier Mohammed ben Salmane, n'en est jamais ressorti : il a été tué et son corps a été dissous et jeté dans les égouts. Face aux éléments d'enquête réunis par la Turquie, la justice saoudienne a condamné en décembre 2019 cinq personnes à mort pour le meurtre de Jamal Khashoggi, mais en relaxant Saoud al-Qahtani et le général Ahmed al-Assiri, proche conseiller du prince héritier Mohammed ben Salmane et le chef des renseignements, soupçonnés d'avoir été les commanditaires du crime.

"Les preuves de l’organisation, de la planification et de la préméditation sont clairement là"

Les autorités saoudiennes ont refusé d'admettre une quelconque préméditation du crime, mais de nombreux gouvernements étrangers avaient boycotté un forum international sur l'investissement organisé quelques jours après la disparition de Jamal Khashoggi, face aux éléments liant le prince héritier au crime. En septembre 2019, Mohammed ben Salmane s'était exprimé à la télévision américaine, assumant la «responsabilité» du meurtre mais niant son implication personnelle : «C'était un crime haineux. Mais j'assume toute responsabilité en tant que dirigeant en Arabie saoudite, surtout car il a été commis par des individus travaillant pour le gouvernement saoudien. Quand un crime est commis contre un citoyen saoudien par des fonctionnaires qui travaillent pour le gouvernement saoudien, je dois, en tant que dirigeant, prendre mes responsabilités. C'était une erreur. Et je dois prendre toutes les mesures pour éviter une chose pareille dans le futur.»

Interview :«Les responsables de la mort de Khashoggi n'ont pas reçu les sanctions qui s'imposent»

Agnès Callamard, ancienne rapporteure spéciale du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, nous avait parlé de cette enquête au printemps dernier, à l'occasion de la sortie du documentaire de Bryan Fogel «The Dissident», consacré au meurtre de Jamal Khashoggi. «Les preuves de l’organisation, de la planification et de la préméditation sont clairement là, tout comme les éléments circonstanciels qui démontrent que le régime saoudien s’attaque de façon très agressive à ses dissidents, qu’il ne supporte pas la moindre critique et qu’il est prêt à les faire taire à tout jamais. Les éléments qui démontrent la responsabilité du prince sont tout à fait présents dans le documentaire comme ils l’étaient dans mon rapport», avait déclaré la secrétaire générale d'Amnesty International.

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