Frappes israéliennes : plusieurs chefs du Hamas tués, une nouvelle tour détruite à Gaza

© Copyright 2021, L'Obs

Au moins 63 personnes sont mortes dans le regain de tension de ces derniers jours. « L’armée continuera d’attaquer afin d’assurer un calme total et durable », a prévenu le ministre de la Défense israélien.

Le bilan s’alourdit. Le mouvement islamiste Hamas a confirmé ce mercredi 12 mai la mort de plusieurs de ses commandants dans des frappes israéliennes contre la bande de Gaza. Parmi eux Bassem Issa, chef de sa branche militaire pour la ville de Gaza.

Le Shin Beth, service du renseignement intérieur israélien, avait annoncé sa mort plus tôt dans la journée, ainsi que celles de Jamaa Tahla, bras droit de Mohammed Deif, leader de la branche armée du mouvement, de Gamal Zabda, chef du développement des capacités technologiques, et de Khazem Khatib, patron du département d’ingénierie du Hamas.

Au total, ils affirment avoir tué une « dizaine » d’autres responsables du Hamas, ainsi que des cadres du Djihad Islamique, second groupe islamiste armé de la bande de Gaza, dans une série de frappes menées depuis lundi soir. L’armée israélienne a également annoncé le décès d’un de ses soldats dans un tir de missile antichar effectué depuis la bande de Gaza par le Hamas.

Ce mercredi soir à Gaza, un édifice d’une dizaine d’étages a été pulvérisé par des frappes israéliennes, rapporte l’AFP. La tour Al-Shorouk, qui abritait des bureaux de la chaîne de télévision palestinienne Al-Aqsa, est le troisième grand édifice de la bande de Gaza à être détruit depuis lundi.

En riposte, le Hamas a annoncé le déclenchement d’un nouveau barrage de roquettes vers Israël. Un garçon de 6 ans a été tué par une roquette à Sderot, où les services de secours israéliens annoncent qu’ils « n’ont pas été en mesure de sauver l’enfant en raison de la gravité de ses blessures ».


Au moins 63 morts

En tout, au moins 63 morts sont à déplorer depuis les affrontements de lundi. Au moins 7 personnes ont été tuées en Israël. A Gaza, au moins 56 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes, dont 14 enfants. Il y a également eu trois morts en Cisjordanie dans des incidents distincts avec l’armée.

Après une nouvelle nuit de tensions dans la nuit de mardi à mercredi, marquée par la destruction d’immeubles et des raids successifs menés par l’armée israélienne, la désescalade ne semble pas proche. « L’armée continuera d’attaquer afin d’assurer un calme total et durable », a en effet prévenu le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz.

Pour l’armée, les frappes sur Gaza se veulent une riposte aux « plus de 1 000 roquettes » lancées par différents groupes armés vers l’Etat hébreu depuis lundi. Le Hamas avait lancé une première salve de roquettes vers Israël en guise de « solidarité » avec les plus de 900 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est.


Echec d’un accord à l’ONU

A Lod, ville mixte et juive théâtre de violences depuis lundi, le président de l’Etat d’Israël a dénoncé ce mercredi un « pogrom » après que la police a fait état d’émeutes par la minorité arabe. « Le gouvernement israélien doit poursuivre les émeutiers avec fermeté », a-t-il ajouté, fustigeant un « silence honteux » des responsables politiques arabes israéliens. Lors d’une visite dans la ville, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a alors déclaré l’état d’urgence et un couvre-feu a été imposé de mercredi 20 heures jusqu’à jeudi 4 heures.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu ce mercredi une nouvelle réunion d’urgence sur le conflit opposant les Israéliens et les Palestiniens, mais a échoué à s’entendre sur une déclaration en raison d’une opposition persistante des Etats-Unis à l’adoption de tout texte, selon des diplomates. Dans foulée, Washington a annoncé l’envoi d’un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la « désescalade » après la série de raids et d’affrontements de ces derniers jours et appelé Israël à faire « tout son possible pour éviter les victimes civiles »

La France a elle réagi par l’intermédiaire du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui a déclaré au Sénat :

« Le cycle des violences en cours à Gaza, à Jérusalem mais aussi en Cisjordanie et dans plusieurs villes d’Israël risque de conduire à une escalade majeure. En moins de 15 ans, la bande de Gaza a connu trois conflits meurtriers. Tout doit être fait pour en éviter un quatrième. »

Frappes israéliennes : plusieurs chefs du Hamas tués, une nouvelle tour détruite à Gaza