L’étau se resserre autour de l’opposition en Russie

Une vue à travers une clôture montre un bâtiment du tribunal municipal de Moscou avant une audience sur l'affaire de la Fondation anti-corruption (FBK) à Moscou, en Russie, le 17 mai 2021. © REUTERS - MAXIM SHEMETOV Une vue à travers une clôture montre un bâtiment du tribunal municipal de Moscou avant une audience sur l'affaire de la Fondation anti-corruption (FBK) à Moscou, en Russie, le 17 mai 2021.

À l'approche des élections législatives de septembre prochain, l’étau se resserre autour de l’opposition en Russie. Après l’arrestation et la condamnation à deux ans et demi de prison d’Alexeï Navalny, son mouvement est en passe d’être classé parmi les organisations « extrémistes » du pays. Le parti au pouvoir fidèle à Vladimir Poutine veut en outre s’assurer que ses partisans ne pourront pas se présenter aux élections. Un texte de loi visant à les exclure du prochain scrutin doit être examiné ce mardi18 mai en première lecture, à la Douma. 

Avec notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot

C’est le pendant législatif de l’offensive judiciaire, lancée contre le mouvement d’Alexeï Navalny. Le texte de loi qui doit être examiné ce mardi prévoit en effet d’empêcher toute personne ayant des liens avec une organisation extrémiste de devenir député.

Or, le Fonds anti-corruption de Navalny et ses bureaux régionaux sont sur le point d’être qualifiés « d’extrémistes » par la justice russe. Une nouvelle audience dans la procédure lancée contre le Fonds anti-corruption et les bureaux régionaux de l’opposant aura lieu le 9 juin prochain. Le calendrier législatif va rejoindre le judiciaire, pour écarter définitivement les candidats navalnystes de ces élections de septembre.

Car les députés de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, ne vont rien laisser au hasard : la loi visera non seulement les responsables des organisations concernées, mais aussi les personnes les ayant soutenues ou financées. Cerise sur le gâteau, elle sera rétroactive. Ce projet de loi démontre que le pouvoir a « terriblement peur d’une compétition honnête », a commenté Lioubov Sobol. Elle-même visée par de nombreuses procédures judiciaires, cette proche alliée d’Alexeï Navalny avait l’ambition de participer aux élections législatives de septembre à Moscou. Si la loi dont l’examen débute ce mardi à la Douma est adoptée – et il ne fait guère de doutes qu’elle le sera, elle n’aura a priori aucune chance de devenir députée.

L’étau se resserre autour de l’opposition en Russie