La jeunesse gagne au Chili

© Rodrigo Garrido/REUTERS

Gabriel Boric a remporté l'election présidentielle dimanche (19.20) à une écrasante majorité avec 56% des voix, contre son rival d’extrême droite Jose Antonio Kast.

L’ancien leader étudiant, qui se présentait pour le compte d’une très large coalition de partis de gauche, fait ainsi tomber les grands partis traditionnels. Ce jeune président a promis de faire du Chili "le tombeau" du néolibéralisme économique qui s’était imposé depuis la dictature d’Augusto Pinochet.

Au-delà de l’âge de Gabriel Boric, 35 ans, tout juste l’âge requis pour se présenter à la présidence, il suffit de faire une recherche photo sur internet en tapant le nom du nouveau chef de l’Etat pour visualiser ce vent de changement.

Vous trouverez Gabriel Boric toujours sans cravate, les cheveux tantôt longs, tantôt rasés sur le côté, avec une veste en cuir au Parlement, sans oublier ses tatouages sur les avant-bras.

Miltiant, député, président

En 2011, il est un des leaders du mouvement étudiant contre la cherté des études dans un système éducatif largement privatisé, l’un de ces héritages de l’ère Pinochet et du néolibéralisme qui a été la doctrine économique des années de dictature et que Gabriel Boric s’était promis de combattre.

Quelques années plus tard, en 2014, ces mêmes étudiants, dont Gabriel Boric, font leur entrée au Parlement. Ils se présentent en rupture avec les partis traditionnels et le conservatisme, pratiquent un langage bien plus décontracté au Parlement, et deviennent les symboles des nouvelles luttes : celles des droits pour les LGBTQ, de la protection de l’environnement, de la cause féministe.

Aujourd’hui trentenaires, ceux qui se sont fait connaître avec des mégaphones devant les universités, se retrouvent désormais à de nombreux postes clés de la vie politique chilienne.

Au grand dam des partis né après la dictature et le retour de la démocratie dans les années 90. Ceux-là sont les grands perdants de cette élection, n’étant même pas présents au deuxième tour entre Gabriel Boric et un candidat d’extrême-droite, pratiquant également un langage antisystème.

Sans cravatte

L’extrême droite a recueilli les voix du Chili plus rural et industrialisé, alors que Gabriel Boric a raflé les voix de la capitale Santiago, du centre du pays, plus urbanisé, des électeurs jeunes et de la classe moyenne, de ceux qui ont porté la contestation contre les inégalités en 2019.

Ce mouvement a notamment abouti à la création d’un comité chargé de rédigerune nouvelle Constitution d’ici 2022.

En attendant, Gabriel Boric veut déjà s’attaquer au système de retraite privé ou encore mettre en place un système de santé universel. L’homme de 35 ans a appelé à l’unité et au dialogue après sa victoire. Cette fois, en chemise et veste de costume, mais toujours sans cravate.

Auteur: Marco Wolter, Avec agences

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